Métaux pouvant être dissous...
Des divers Véhicules et
Menstrues Philosophiques
De l'Eau de Pluie et de sa
Distillation
Menstrue Acide du Vinaigre
Menstrue Sulfureux
Menstrue Philosophique
Admirable
De l'Usage des Alkaests
Formule Secrète d'un «
Circulé Universel »



Préface de Jean Mavéric

Le mot «
Hermétique » dérive d'Hermès, le Moïse Egyptien dont la science
colossale illumina l'Antiquité d'une Lumière divine. Cependant,
Hermétique, comme Occulte, signifie réellement : fermé ou invisible,
mais fermé et invisible aux hommes impurs ou aveugles, car seuls ceux-là
peuvent franchir l'entrée du Sanctuaire, dont les yeux ont pu contempler
la Lumière de Vérité.
Pour la
plupart des auteurs, le mot « Spagyrique » signifie purifier par
résolution. Selon Vossius, c'est concréter les choses raréfiées,
autrement dit : améliorer la Substance à l'état évolutif (première
matière) pour, à l'aide de ce résultat, purifier d'autres matières. Le
docte de Locques dit que ce mot signifie vif-argent (spargyros) et que
c'est l'Art de séparer le Mercure des corps. Quoi qu'il en soit, on
comprend sous ce mot les opérations chimiques qui, par analogie,
procèdent des lois naturelles. Séparer le Mercure, c'est extraire
l'Esprit de la matière, ou tirer la Quintessence des corps. Tous les
corps sont faits de matière et d'Esprit. La Matière est passive et
inerte, tandis que l'Esprit est le principe vital-actif, empreint de
l'Idée divine, qui est cause d'évolution. Il est donc clair que la vertu
des mixtes est dans l'Esprit, et que cet Esprit est beaucoup plus actif
lorsqu'il est délivré de sa prison corporelle.
Tout le
côté physique de l'art spagyrique est dans cette séparation ou
extraction. Pour obtenir cet Esprit en puissance de son maximum de
vertu, il le faut exalter ; pour l'exalter, il le faut mûrir (évoluer),
et pour le mûrir, il faut corrompre son corps, à la façon dont le grain
se putréfie dans la terre avant que de pouvoir germer.
Or, cette
putréfaction n'est autre que l'évolution de la matière, par laquelle les
atomes de la substance se séparent des hétérogénéités, se resserrent, se
purifient, s'exaltent et s'élèvent à une latitude beaucoup plus noble
que n'était leur état primitif.
Tout l'Art
spagyrique consiste à provoquer l'évolution de la matière pour la
purifier et l'exalter, ce qui ne se peut faire que par de subtiles et
longues opérations que les auteurs anciens ont laissées dans l'ombre.
Les
préparations spagyriques sont basées sur les oeuvres naturelles de la
Génération universelle, par lesquelles on peut extraire de la matière de
puissantes Quintessences, dont la constitution atomique est ennoblie au
point d'être entièrement assimilable à la nature humaine. Elles
pénètrent l'organisme humain et le purifient en un mode normal et
harmonique.
Les anciens
Sages connaissaient la nature des causes premières et secondes
desquelles, par la Synthèse, ils pouvaient déduire de leurs effets et
analogies sur le Monde inférieur.
C'est ainsi
qu'ils connurent le processus de l'Oeuvre alchimique, qui est une
reproduction analogique de la Génération universelle du Règne
métallique, auquel les plus grands savants modernes n'ont rien compris.
La médecine
Hermétique des plantes et des minéraux repose sur la connaissance des
Lois universelles dans leur nature intime d'abord, dans leurs effets et
analogies ensuite. L'Hermétiste doit connaître la nature des influences
astrales et élémentaires, ainsi que les causes susceptibles de modifier
la nature de ces influences. De plus, il ne doit pas ignorer les effets
de ces influences sur le Monde organisé, ainsi que les correspondances
analogiques qui unissent le Macrocosme au Microcosme.
L'ensemble
de ces connaissances constitue une Synthèse à la fois simple, grandiose
et subtile.
Simple,
parce que ses lois sont celles de la Nature, desquelles l'homme fut
créé.
Grandiose,
parce que cette Synthèse embrasse le processus évolutif de toute la
Création.
Subtile,
parce que sa notion intime ne se peut acquérir par la raison humaine,
qui est limitée au contrôle imparfait des sens physiques et obscurcie
par les erreurs inhérentes à l'éducation sociale.
Pour
acquérir une notion quelconque, il faut en comprendre non seulement le
but, la fonction et la forme (ce qui est du domaine de la raison), mais
encore, et surtout, il en faut ingérer et digérer l'Esprit intime, par
la Voie animique, jusqu'à complète assimilation. En résumé, il faut se
pénétrer de la nature de la chose au point de la vivre en soi-même.
La pratique
de cette Voie secrète exige de l'étudiant une prédisposition naturelle
qui ne se peut développer que par une longue évolution, ou plutôt
involution, dont la marche ascendante va de l'impur au pur, de la
Matière à Dieu. Autrement dit, il faut dégager l'Âme de sa prison
charnelle, en s'affranchissant des exigences de l'égoïsme, en brisant
les liens qui rattachent l'Âme à l'instinct, par une constante
purification qui se doit opérer sur les plans physique, animique et
intellectuel à la fois.
La
purification physique s'obtient par l'usage quotidien d'une nourriture
dont les éléments sont d'origine exclusivement végétale. Les moeurs
doivent être chastes.
La
purification animique se développe par la pratique du désintéressement,
qui consiste à faire oeuvre de charité et d'humilité en ne conservant
par-devers soi que ce qui est nécessaire à une vie normale, simple et
modeste.
La
contemplation persistante des oeuvres de la NATURE, jointe à une
religion éclairée, confère au disciple la notion du VRAI, du BIEN et du
BEAU.
La
purification intellectuelle se peut acquérir par l'émission progressive,
patiente et continue, d'une volonté équilibrée tendant à dégager le
jugement, les perceptions et les conceptions, des erreurs, habitudes,
préjugés et conventions inhérents à la vie sociale et au monde
extérieur. On peut ainsi élever peu à peu le plan des conceptions
jusqu'aux causes premières et secondes.
Cette
triple Sublimation est absolument nécessaire au dégagement de la Lumière
intellective, par laquelle on peut franchir l'Entrée du Temple
Hermétique.
La Science
de la Médecine Hermétique des plantes est moins aride que celle des
minéraux, qui comprend l'OEUVRE ALCHIMIQUE.
L'érudition
proprement dite, qui surcharge la mémoire d'une foule de détails et de
conventions, est chose inutile en cet Art. De même, la curiosité est
nuisible si elle n'est légitimée par une conscience pure et
désintéressée. En somme, pour acquérir de grandes connaissances, il faut
s'affranchir des idées toute faites, des contingences, et étudier
patiemment, modestement et humblement, en commençant par le rigoureux
examen de soi-même.
Pour
terminer cette préface, nous dirons que, malgré la quantité d'auteurs
que nous avons consultés, notre Traité n'est pas une simple compilation,
car les ouvrages des Maîtres sont comparables à la Matière, de laquelle
il faut savoir extraire la Quintessence par un travail personnel,
accompli selon la Voie Hermétique.
Jean Mavéric
Haut

Synthèse des Origines de la Création

La
Substance-Une éthérée, empreinte de l'Idée divine (Origine éternelle de
la Force harmonisée), remplit l'Espace de sa radiation blanche et
froide, dont les innombrables sources parsèment l'Infini. De ces
multiples centres de l'Idée première, émane la Lumière substantielle
dont les vibrations négatives se propagent en tous sens, s'entrecroisant
et se heurtant en modes inharmoniques de nature positive. De ces
dissonances, s'engendrent des tourbillons dont la vitesse de rotation
s'accroît jusqu'à production de chaleur rouge qui devient Feu. Ainsi se
forment les centres d'énergie contenant le Principe embryonnaire des
Lois créatrices.
Ces
tourbillons ignés, sollicités par les attractions indéterminées qu'ils
subissent dès leur formation, parcourent un trajet spiraliforme
indéfini, jusqu'à ce qu'ils rencontrent un point équilibré. Mais la Loi
immuable d'Inertie, dont le Principe est dans la force centripète,
s'oppose à tout mouvement isolé, et c'est ainsi que s'atténue peu à peu
la chaleur de ces centres potentiels, en même temps que diminue leur
vitesse rotative. C'est alors que l'Energie, issue de la Substance-Une,
se concentre pour se résoudre en une matière informe.
Pour
effectuer son évolution, la Matière chaotique acquiert progressivement
une certaine vibration négative, de nature quaternaire. Cette vibration
se réalise ensuite en quatre modes distincts, qui sont les Quatre
Qualités Elémentaires : Chaud, Humide, Froid et Sec. Ces Qualités
constituent donc l'état de transition par lequel la Substance-Initiale
se réalise en Principes positifs, car les Eléments Créateurs naissent de
l'accouplement de ces Qualités, et la Vie Evolutive est au centre des
Quatre Eléments issus du Chaos primitif.
Haut

De la Génération Universelle

Dans
l'oeuvre de la Génération, le Feu donne l'impulsion spontanée. Il est
Principe dynamique. Il engendre le mouvement et l'action. L'Âme ignée
est en lui.
L'Air
tempère la violence du Feu, harmonise le mouvement, mesure l'action. Il
féconde la Terre et l'Eau d'où naît la putréfaction, laquelle précède
toujours la Génération.
L'Eau,
volatilisée par le Feu, retombe en pluie sur la Terre pour y circuler et
y corrompre les germes fécondés par l'Air et animés par le Feu. L'Eau
fait naître la putréfaction dans la Terre, par l'action de l'Air.
La Terre
reçoit l'animation du Feu par le moyen du Sec et la fécondation de l'Air
par le moyen de l'Eau, qui y engendre la putréfaction comme en une
matrice.
La Terre
est le récepteur des germes fécondés.
La
Génération naît donc dans la Terre et dans l'Eau, putréfiés par l'Air et
animés par le Feu.
C'est ici
l'origine des Principes Constitutifs qui, seuls, engendrent directement
la Substance des Mixtes, étant voisins de la Matière.
Haut

Nature
Particulière des Principes Constitutifs

Le Mercure,
ou Esprit, est une humidité subtile, volatile, mobile, spirituelle,
essentielle, de nature générante. C'est le Principe féminin de la
Semence. Il est passif dans la Génération et par rapport au Soufre, mais
il est actif par sa Mobilité. Le Mercure réside dans l'Eau, son
véhicule. Dans les végétaux, il constitue la partie spirituelle de la
plante et détient l'odeur. Dans les métaux, il est fortement uni au
Soufre par le Sel.
Le Soufre,
ou Âme, est une chaleur fixée et latente qui ne brûle pas, mais échauffe
doucement. C'est l'Agent dynamique de la Fermentation. C'est le Principe
masculin de la Semence. Il est actif dans la Génération et par rapport
au Mercure.
Le soufre
est de nature chaude, coctrice, stimulante, fécondante. Sa chaleur
intrinsèque provoque l'évolution de la Matière et combat l'action
atonique du Froid. Il réside dans le Sel qui le retient et l'épaissit
plus ou moins. Dans les végétaux, il apparaît sous forme d'essence,
d'huile, de résine, de sève et il réside dans les parties chaudes,
essentielles et capiteuses des Mixtes. C'est de lui que s'engendre la
saveur.
Le Sel, ou
Corps, est un Principe négatif de nature dessiccante, condensatrice,
réactive et coagulatrice. Il épaissit l'Eau Mercurielle qui le dissout,
et Fixe le Soufre dans la Terre. Il unit intimement le Soufre au
Mercure. Il est Principe de Conservation et s'oppose à la corruption.
Ces Trois
Principes Constitutifs se trouvent en l'Eau et la Terre vulgaires qui
leur servent de matrice, de véhicule et de base. La Fermentation ou
Fécondation naît en la Terre et en l'Eau.
Haut

Des Principes de la Chimie
Ancienne
relatifs aux Préparations
Elémentaires
des Plantes Médicinales

Le
principal Agent de la chimie est le Feu ou la Chaleur. Cette Chaleur,
qu'on nomme Feu, se peut manifester de plusieurs manières. Les chimistes
anciens distinguaient Sept Feux différents :
Le
Premier Feu, et le plus anodin, est le bain vaporeux qui est de nature
humide. Il s'obtient par la vapeur d'eau. Ce Feu convient à la
Putréfaction, à la Fermentation et à la Circulation.
Le Second
Feu est le bain-marie, qui se fait en plongeant le Vaisseau contenant
dans l'eau chaude. Ce Feu, humide et chaud, est de nature générante. Il
convient à la Digestion, à la Dissolution, à la Circulation et aux
Distillations lentes.
Le
Troisième Feu est celui de cendres, qui se fait en enfouissant le fond
du Vase dans des cendres chaudes. Ce Feu est anodin, doux, légèrement
sec et de nature tempérée. Il convient à certaines Digestions,
Circulations, Distillations et à la Coagulation lente.
Le
Quatrième Feu est celui de sable, qui est sec et chaud modérément et
sert aux Distillations et Coagulations.
Le
Cinquième Feu est celui de limaille de fer. La limaille est interposée
entre le Feu de charbon et le Vaisseau. Ce Feu est chaud et sec et
convient aux Distillations violentes et à certaines Sublimations.
Le Sixième
Feu est le Feu de charbon, dont on peut faire le Feu du Réverbère clos
pour tirer certains Esprits. Il est propre aux Sublimations.
Le Septième
Feu est celui de fusion, qui se fait avec du bois sec et du charbon. Ce
Feu est propre aux Calcinations, aux Sublimations, aux Cémentations, aux
Réverbérations et Vitrifications.
On
trouvera, dans de nombreux ouvrages de chimie ancienne, une ample
description des Fourneaux et ustensiles nécessaires aux Opérations
ordinaires de la chimie. Parmi ces ouvrages, nous citerons les moins
rares : Nicolas Lémery, Baumé, Glauber... toutefois, nous dirons
quelques mots des Vaisseaux.
Haut

Des Vaisseaux de la Chimie
Ancienne

Les
Vaisseaux de verre sont les meilleurs, mais ils ne conviennent qu'aux
Feux vaporeux ou de sable. Ceux de métal s'emploient pour les Feux
violents et pour les grandes quantités de Matière. Les Matières
corrosives telles que Sels, Vitriols ou Acides, requièrent des Vases de
verre ou de terre vernissée.
La
Cucurbite de verre, couverte de son Chapiteau, convient aux
Distillations ordinaires des végétaux, à Feu doux.
La Vessie
de cuivre étamé, munie de sa Tête de More, est requise en la
Distillation des quantités.
La Cloche
d'étain, adaptée sur un ample bassin de cuivre, sert à distiller les
fruits récents, les fleurs et les plantes succulentes.
La Cornue
ou Retorte, munie d'un ample récipient ou Ballon de verre, sert à la
Distillation per latus des huiles et Esprits lourds qui ne peuvent
monter.
L'Alambic
de cuivre étamé, ou le Chapiteau avec son Réfrigérant, sert aux autres
Distillations. Il comporte un Serpentin et est muni d'un récipient.
Les Matras
à Long Col et les Vaisseaux de rencontre accouplés, sont propres aux
Digestions à Feux lents.
Le Pélican
simple ou jumeau convient à la Circulation.
L'Aludel,
l'Alambic aveugle ou les Creusets intervertis, sont requis en la
Sublimation.
Le Creuset
de terre réfractaire convient en la Fusion.
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De la Médecine du « Flos-Coeli
» ou « Nostoc »
d'après Quesnot (1700
environ)

« Le
Flos-Coeli, dit Quesnot, n'est autre chose qu'une vapeur qui sort de la
terre au temps des Equinoxes, du 20 Mars au 21 Avril et du 21 Septembre
au 22 Octobre. Il sort de terre avant le lever du Soleil (en produisant
un bouillonnement), sous forme d'une sève épaisse ayant une odeur de
Soufre, et il prend diverses formes selon la nature de la terre. Il se
coagule en forme de verre transparent de couleur émeraldine, ce qui a
fait dire à plusieurs Philosophes, pour le cacher, qu'il était leur
Vitriol (Vitri-Oleum). Il en est de grandes feuilles minces qui se
trouvent plus volontiers dans les lieux sablonneux. Il le faut cueillir
en lieu exposé au Levant, quelque temps avant le lever du Soleil, car la
chaleur le volatilise. »
Voici sa
préparation : Une fois cueilli, il faut le laver doucement en eau de
fontaine et l'essuyer avec délicatesse. Puis il faut l'étendre sur un
linge blanc et le laisser sécher jusqu'au lendemain. Cela fait, pilez-le
dans un mortier, le mettez en un vaisseau de verre bien luté et
laissez-le reposer pendant 40 jours sans feu, enfoui dans le sable.
Après ce temps, il le faut comprimer par la presse pour en extraire la
liqueur couleur de sang en laquelle il s'est résolu pendant ces 40
jours.
Mettez
cette liqueur dans un alambic de verre jusqu'à moitié plein, lutez-le en
y adaptant un récipient de même dimension, et exposez le tout à l'air,
au jour, à la nuit et aux influences célestes, et l'eau distillera
d'elle-même, claire et limpide, en quantité dix fois moindre que la
première liqueur. Cette distillation dure environ quarante jours.
Cette eau
est, selon Quesnot, un dissolvant universel anodin et vivifiant qui
rompt les calculs de la vessie. Si l'on en veut faire un Grand Arcane,
il faut le cuire en un matras clos, au bain vaporeux. Ce matras doit
avoir sa rencontre, et un pélican serait même préférable. Dans cette
lente Circulation, la matière se cohobera sur elle-même et finira par se
congeler sous forme cristalline. On peut aussi procéder par lente
Distillation, en Cohobant l'Esprit sur son résidu par sept fois. Mais ce
procédé est plus long et moins profitable.
Les
cristaux se diviseront d'eux-mêmes et il les faudra conserver en vase
clos. Cette poudre contient en soi la vertu éthérée de toutes les
substances vivantes et est propre pour la conservation de notre chaleur
naturelle et de notre humide radical. Quesnot prétend que c'est là le
vrai Mercure des Philosophes et le Dissolvant naturel de l'or mais,
personnellement, nous avons le regret de ne pas partager cette opinion.
Haut

Les Poids Anciens comparés aux
Modernes

| |
|
|
|
Livre de
médecine |
12 Onces |
367 Gr. |
|
Livre
marchande |
16 Onces ou 2
Marcs |
489 Gr. |
|
Demi-livre |
6 ou 8 Onces |
186 ou 245 Gr. |
|
Once |
8 Gros |
30 Gr. 59 |
|
Demi-once ou
Lot ou Loton |
4 Gros |
15 Gr. 30 |
|
Gros ou Dragme |
3 Scrupules |
3 Gr. 82 |
|
Demi-gros |
36 Grains |
1 Gr. 91 |
|
Scrupule |
24 Grains |
1 Gr. 27 |
|
Demi-scrupule |
12 Grains |
0 Gr.64 |
|
Grain |
|
0 Gr.05 |
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Préliminaires à l'Art Spagyrique

Ce que nous
avons dit des Principes de la chimie ancienne ordinaire se peut aisément
découvrir par la lecture des nombreux ouvrages de chimie anciens pour
peu, toutefois, que l'on sache distinguer, parmi les auteurs, ceux dont
le savoir est le plus éclairé.
Mais, en ce
qui regarde l'Art spagyrique, les Maîtres qui en ont traité avec Vérité
l'ont fait sous tant de réserve et d'obscurité, que la lecture de leurs
ouvrages exige, de la part de l'étudiant, non seulement une
prédisposition naturelle vers ces abstractions, mais encore une
Initiation qui ne se peut acquérir que par un long travail, dans lequel
seule la notion très nette des Lois universelles est susceptible
d'apporter la Lumière.
L'Intuition
animique et intellective est indispensable à la compréhension intime de
l'Art spagyrique.
La notion
profonde des Arcanes ne se peut acquérir par la simple raison, qui est
limitée au contrôle imparfait des sens physiques. La seule Voie
d'élection est animique, car l'Âme est Principe divin.
L'Adepte
doit dégager son Âme de sa gangue matérielle et instinctive, avant que
de pouvoir extraire l'Âme de la Matière.
La
Distillation spagyrique est une analogie matérielle de la purification
morale.
L'Evolution
morale est une Distillation psychique.
Le Germe de
Vérité ne peut éclore que par le Ferment de la Foi.
Haut

Des Principes Secrets de la
Chimie Spagyrique

Les Feux
artificiels et actuels, dont nous avons fait mention, sont aussi ceux
qu'emploie la chimie spagyrique. Seulement, dans cette dernière, leurs
degrés de chaleur sont plus précis, plus stables, plus subtils, leur
durée est plus longue et leur régime plus varié. Mais, en dehors de ces
Feux artificiels, les Maîtres connaissent d'autres Feux naturels et
potentiels, que l'on nomme Feux Froids parce que leur chaleur est
négative, latente, interne et inhérente à leur nature : ce sont des Feux
Secrets, non comburants, mais seulement chauds et de la nature du Soufre
(2ème Principe). Ces Feux sont dits Philosophiques parce qu'ils ne sont
vraiment connus que des Adeptes.
Le Feu
artificiel de charbon est actuel et contre-nature. Ce Feu Brûle,
Calcine, Sublime, Volatilise et Dessèche. Ce même Feu, tempéré par
l'Eau, devient un Feu générant, humide et chaud, de la nature de l'Air
au Printemps, et c'est ici le Feu le plus propre aux Opérations de
Nature.
Parmi les
Feux Froids, certains auteurs en distinguent trois sortes, dont voici
les types réalisés :
Premièrement, l'Huile de Vitriol et de Soufre, faite par la Cloche (qui
ne font qu'un). Deuxièmement, l'Essence de Sel commun et de Nitre, qui
se concentrent par le moyen du metallus primus, qu'il faut dissoudre
dans ces Esprits, le Distiller, le Sublimer et enfin procéder par
Résolution réitérée, jusqu'à ce qu'on obtienne une Huile épaisse et
pesante qui a d'admirables propriétés.
Cette Huile
fixe et mûrit les métaux imparfaits et réduit les végétaux en leur
Première Matière, ce dont nous parlerons davantage au chapitre des
ALKAESTS.
Parmi les
Feux Froids, il en est qui sont acides, et ceux-ci détruisent les
végétaux, mais ils peuvent contribuer à perfectionner les minéraux
mercuriels, tandis que les Feux permanents et naturels, sulfureux et
chauds, conviennent aux minéraux sulfureux et conservent les semences
des végétaux dans toute leur force. « Similia similibus junguntur et
dissimilia respuunt. »
Les Feux
sulfureux ont leur siège dans le Principe Oléagineux des végétaux et
minéraux, mais pour devenir Feux, il les faut Exalter par Art Spagyrique.
Presque tous les Sels fixes, et surtout le Nitre, peuvent fournir ces
Feux par lesquels, ensuite, on peut tirer et fixer ceux des végétaux.
L'Huile
puante de Tartre Distillée et traitée par l'Art, excède toutes les
Huiles végétales. Les Sels fixes tirés du résidu par Calcination et
Lessive, et traités par l'Esprit de Vin, donnent un Esprit puissant et
subtil dont nous traiterons ultérieurement.
La base
physique de tous les Mixtes est faite de Terre et d'Eau. Leur Principe
Générant, Evolutif et Vital est constitué par le Mercure et le Soufre.
Le Sel, Principe neutre, équilibrant, unit l'Esprit et l'Âme (Mercure et
Soufre) au corps matériel (Terre et Eau).
La
Quintessence, ou Premier Être, est la partie la plus subtile du Mercure
et du Soufre, unis par le Sel volatil et animés de l'Esprit Céleste.
C'est cette Quintessence, empreinte de l'Idée divine et qui contient en
elle virtuellement la Forme, que l'Art Spagyrique se propose d'extraire
des Mixtes.
Après
l'extraction de la Quintessence et la Séparation du Flegme, il ne reste
au fond du Vase que la Terre morte contenant le Sel Fixe. La
constitution physique des Mixtes est donc faite de Deux Principes
Essentiels, d'Un Principe Neutre Moyen, et de Deux Eléments Passifs et
Matériels. Néanmoins, les Eléments qui ont engendré ces Principes se
manifestent dans la nature des Mixtes et c'est ainsi que les uns sont de
nature Ignée, d'autres Aérienne, d'autres Aqueuse et d'autres Terrestre.
Mais leur analyse par les Qualités est plus rationnelle, car le Chaud
fait le Soufre, l'Humide fait le Mercure et le Sec fait le Sel. Le
Froid, mode atonique, ne crée rien, mais il réside dans la Terre et dans
l'Eau.
Avant donc
d'opérer sur un Mixte, il en faut déterminer la nature Elémentaire pour
savoir ce que l'on en peut tirer.
Il existe
un Feu naturel et artificiel qui est la cause potentielle de l'Evolution
de la Matière, car tout Principe Evolutif et Générant naît de l'Humidité
Chaude aérienne, qui est de la nature du Printemps. Ce Feu se fait dans
un trou en Terre, que l'on remplit d'un mélange de foin et de paille
hachés avec de la chaux vive. Il faut arroser le tout d'Eau chaude et y
enfouir le Vase clos contenant la Matière. Voilà le Principe de l'Evolution
de la Matière par lequel les Sages provoquaient l'animation et
l'involution des atomes jusqu'à une latitude spirituelle.
La chaleur
du Soleil est également un puissant Agent d'Evolution moléculaire.
Le bon et
savant Annibal Barlet (1650) (ce nom est décidément synonyme de
Modestie), dit que l'usage des Courges ou Cucurbites et du bain-marie
convient aux choses de légère mixtion, et que le Feu de sable et de
cendres est destiné aux corps durs comme racines, bois et semences. Le
Réfrigératoire sert pour les uns et les autres, mais il faut les faire
macérer dans leur propre Menstrue s'il se peut, ou dans un Menstrue de
même nature. Dans la Distillation des herbes chaudes, le Feu doit être
prompt au début car, autrement, on n'en tirerait que du Flegme, dit
Barlet.
Par la
Retorte, ou Cornue, on tire les Eaux et Huiles des bois, semences,
gommes, racines... Par le Matras ou Descente des Vapeurs, s'expriment
les Huiles de certains bois qui ne fluent que difficilement ou avec un
fort Feu comme Genièvre, Gayac, Prêles, Pin, et quelques fleurs comme
les roses. Les Opérations et surtout la Distillation doivent presque
toujours débuter par une chaleur anodine que l'on augmente peu à peu
sans interruption jusqu'à la perfection. De même, on doit laisser
refroidir les Vaisseaux et la Matière d'eux-mêmes en un mode de douceur.
La
Dessiccation, Trituration et Fermentation des plantes touchant le
Réfrigératoire, ne sont point nécessaires pour l'extraction de leurs
Huiles ou Essences qui se dissipent facilement. Tout ce qui Distille le
premier, surtout aux végétaux chauds et tant que se manifestent l'odeur
et la saveur, est toujours le meilleur. Les Essences aromatiques ne sont
que Soufre subtil et Sel volatil de leur Humide Radical. Toute Essence
ou Huile subtile ne se peut mieux tirer que par la Courge d'Airain avec
son Serpentin, dans un véhicule ordinaire et par un Feu bouillonnant au
début. Les racines tendres et charnues se distillent comme les fruits,
dans une Chapelle, au bain vaporeux ou de cendres, du minimum au maximum
de chaleur. Les racines ligneuses, écorces et bois secs se distillent
suivant leur nature spécifique, ou per descensum ou per latum sans aucun
véhicule, ou per ascensum avec un Menstrue approprié. Les feuilles
chaudes, récentes ou sèches, leurs fleurs et semences se distillent par
le Réfrigératoire avec son Serpentin, au contraire des froides,
desquelles il faut exprimer le suc pour le Distiller au bain-marie. Les
autres feuilles, comme les fleurs et les fruits, en la Chapelle.
Les
Spagyristes veulent que la Matière soit préparée avant de la Distiller
et, à cet effet, ils ont recours à plusieurs Opérations peu différentes
l'une de l'autre, et qui sont la Fermentation ou Putréfaction, la
Circulation et la Digestion.
La
Fermentation est une réduction des parties actives et spirituelles des
Mixtes, de puissance en acte et qui, dans certains cas, se doit faire
sans le concours d'aucun Feu actuel mais par l'effet du Feu potentiel et
naturel contenu dans la Matière, qui se corrompt et divise par
elle-même.
La
Fermentation est la clé qui ouvre la porte de sortie aux poisons
végétaux.
Par cette
Opération, la Matière involue et sa nature rétrograde vers sa première
forme, qui est Principe fermentatif et sémentiel.
La
Circulation se fait dans des Cucurbites closes et accouplées par des
conduits communiquant de l'une à l'autre et dans des Vaisseaux de
Rencontre.
Les Anciens
employaient le Pélican ou Vaisseau d'Hermès. La Matière y circule de bas
en haut par l'effet d'une chaleur douce et maturante, et ainsi se sature
de son Menstrue. La Circulation unit les parties hétérogènes et divise
les homogènes. Elle oblige la Matière à mûrir en une lente évolution
engendrée par la Chaleur Humide et Aérienne.
La
Digestion est une cuisson lente, par une chaleur humide et maturante,
qui atténue la Matière, la divise et en exalte les Principes actifs.
Elle se fait en Vase clos.
Mais la
Distillation est le point capital de l'Art par lequel on peut extraire
la Quintessence.
La
Distillation Spagyrique est un Art subtil qui ne fut possédé que de
quelques Adeptes et que jamais ne connurent les distillateurs vulgaires.
Il existe
trois sortes de Distillations :
1°) La
Distillation per ascensum, le Feu étant placé sous le vaisseau pour
faire monter les Eprits. C'est le procédé le plus courant et il convient
surtout à la Distillation des Matières spiritueuses et volatiles.
2°) La
Distillation per latus, par laquelle les Esprits sortent de côté. Elle
se fait par la Cornue et convient aux Matières denses qui contiennent
des Huiles lourdes et pour lesquelles il faut un Feu plus fort.
3°) La
Distillation per descensum. Le Feu étant placé au-dessus du Vaisseau
chasse les Esprits par le bas. Les Anciens l'estimaient parce que cette
Distillation détache les parties les plus tenaces des végétaux.
L'instrument le plus nécessaire à la Distillation est l'Alambic. La
structure de cet instrument varie selon la quantité, la substance,
l'espèce, la nature et la consistance de la Matière à Distiller.
Les Anciens
font mention de Sept sortes d'Alambics :
1°)
L'Alambic de terre, peu utilisé, d'usage dangereux.
2°)
L'Alambic de verre, pour les chaleurs anodines.
3°)
L'Alambic au bain-marie, le plus usité.
4°)
L'Alambic à Serpentin, le plus réputé.
5°) La
Chaudière, pour les quantités.
6°) La
Cornue, pour les Feux forts.
7°) Les
Vaisseaux de Rencontre, pour les Rectifications.
Il convient
à l'étude de l'Art Spagyrique d'approfondir les raisons qui ont guidé
les Maîtres dans l'emploi de ces divers Alambics, car il y a lieu de
croire que la forme de leurs Vaisseaux résultait d'une conception très
différente de celle qu'ont aujourd'hui nos chimistes.
Nous ferons
notre possible pour pénétrer la nature intime des Opération Spagyriques
selon les conceptions qu'en avaient les Maîtres de l'Art, et c'est
surtout vers la Distillation que tendra l'effort de nos travaux, car
c'est par elle que la Matière exhale son Âme.
Mais,
auparavant, nous exposerons une classification synthétique des
Opérations chimiques telle que la concevaient les Anciens.
L'Art
comprend Cinq Opérations générales :
La
DIGESTION, la DISTILLATION, la SUBLIMATION, la CALCINATION et la
COAGULATION.
La
Digestion se subdivise en Neuf Opérations secondaires, qui sont :
Dépuration, Infusion, Macération, Insolation, Dissolution, Fusion,
Fermentation, Putréfaction, Circulation.
La
Distillation n'en comporte que Cinq, qui sont : Rectification,
Cohobation, Filtration, Inclinaison, Déliquescence.
La
Sublimation ne comporte que la simple Elévation sèche et adhérente, et
la Séparation.
La
Calcination comprend Douze subdivisions ou variétés, qui sont :
Déflegmation, Décrépitation, Evaporation, Ignition, Incinération,
Précipitation, Fumigation, Réverbération, Stratification, Cémentation et
Amalgamation, auxquelles on peut ajouter la Végétation et la
Revivification.
La
Coagulation comporte Quatre subdivisions, qui sont : Coction,
Congélation, Vitrification et Fixation.
On
trouvera, dans certains ouvrages anciens, tels que ceux de Glaser,
Baumé, de Locques... le détail de ces diverses Opérations. Nous n'osons
recommander Lémery comme étant vraiment par trop fermé à l'Art
Spagyrique.
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Règles particulières et
générales relatives à l'Art Spagyrique
d'après A. Le Grand, R.
Lulle, Paracelse
et les principaux Maîtres
en cet Art

La Calcination
Spagyrique est une transformation de la Matière en une autre forme qui
augmente l'Humidité Radicale au lieu de la détruire, qui sépare les
impuretés et ouvre les corps, les disposant à jeter leur Semence.
La
Sublimation Spagyrique ennoblit et exalte la nature du Mixte et
volatilise ses Esprits en un Vase clos, de façon qu'ils retombent sur la
Matière qu'ils dissolvent, élèvent et subtilisent.
La
Dissolution Spagyrique détruit la Matière par corruption humide, en
atténuant ses parties sèches ou en subtilisant ses parties aqueuses,
séparant ainsi le Pur de l'Impur.
La
Putréfaction Spagyrique est le Secret de l'Art. Elle est simple ou
double, naturelle ou contre-nature :
-
Dans le
premier cas, la forme extérieure est détruite et la nature essentielle
conservée.
-
Dans le
second cas, la substance du Mixte est réincrudée vers sa forme
originelle, ou Première Nature Végétative, sans qu'il soit possible de
lui rendre sa forme précédente.
La
Coagulation Spagyrique est naturelle ou artificielle. Dans la naturelle,
le Froid est le seul Agent qui fixe ou condense, et le Soleil est le
seul Feu qui volatilise ou raréfie l'Humide, et non pas au dehors mais
au dedans, lequel humide retombe en Rosée.
La
Distillation artificielle est analogue à la Sublimation Spagyrique.
La patience
est requise en cet Art, car plus longtemps la Matière subit la Coction
maturante par l'Humidité Chaude, plus elle évolue et mieux elle se prête
à la Distillation.
On peut
obtenir un maximum d'Evolution en faisant Digérer la Matière au
bain-marie ou vaporeux, pendant deux mois avant la Première
Distillation, durant un mois avant la Seconde Distillation, pendant
trois semaines avant la Troisième Distillation, durant quinze jours
avant la Quatrième, durant huit jours avant la Cinquième, pendant quatre
jours avant la Sixième et durant deux jours avant la Septième
Distillation.
En outre,
chaque Distillation doit être réglée selon un certain régime de chaleur,
d'après l'ordre qu'elle occupe dans le cours de l'Opération.
Pour
obtenir la Quintessence d'un Mixte, il faut le Distiller Sept ou Dix
fois pour le moins.
La Première
Distillation commence au premier degré du bain-marie, monte
progressivement au second degré, puis au troisième, pour redescendre
ensuite lentement, au premier degré.
La Seconde
Distillation est semblable à la Première.
La
Troisième Distillation commence au premier degré du bain de cendres,
monte doucement au troisième degré et redescend de même au premier.
La
Quatrième Distillation est analogue à la Troisième.
La
Cinquième Distillation commence au premier degré du Feu de sable, monte
ensuite au second et au troisième degré, pour redescendre lentement au
premier.
La Sixième
Distillation est décroissante. Elle commence avec le bain de cendres et
procède comme la Troisième.
La Septième
Distillation, ou Rectification, commence au premier degré du bain-marie,
pour monter lentement jusqu'au troisième degré et s'y maintenir jusqu'à
la fin de l'Opération.
Chaque
Distillation est donc croissante et décroissante, ainsi que l'ensemble
des Sept Distillations.
Ces
Opérations exigent beaucoup de science, d'attention et d'expérience, et
l'Artiste doit être vigilant à l'égard des degrés de chaleur qu'il ne
faut jamais dépasser.
Isidore dit
que le bain de cendres du bois de genévrier est le meilleur et le plus
stable.
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Des Vaisseaux Circulatoires

La forme
des Vases circulatoires a une grande importance au dire des Maîtres. Les
Vaisseaux préférés pour cette Opération sont de deux sortes :
1°) Un
Vaisseau double, ou plutôt deux Vaisseaux jumeaux ayant une forme de
Courge et reliés l'un à l'autre par leurs becs qui, partant de la tête
de chaque Vase, s'enfonce dans le ventre de l'autre. Ces becs croisés
ont l'aspect d'un x. Un pertuis se trouve au sommet de chaque Vaisseau
pour y introduire la Matière.
2°) Une
Courge haute, en terre, dont la tête est reliée au Ventre par deux anses
creuses dans lesquelles circulent les Eaux et Esprits. C'est ici le
Circulatoire d'Hermès.
La chaleur
requise à la Circulation peut s'obtenir par plusieurs moyens.
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Différences de la Circulation
et de la Digestion

Ces
Opérations comportent des Vaisseaux particuliers à chacune d'elles. Pour
Digérer, il faut mettre la Matière, qui souvent est grossière et
abondante, en d'amples Vaisseaux, larges du haut et faits de telle sorte
que l'on puisse y adapter un Alambic aveugle sans bec, de façon que
quand la Matière est digérée, on puisse retirer le résidu, l'Alambic
aveugle étant ôté.
On le
remplace alors par un Alambic à bec. Mais, si la Matière est claire et
séparée de ses fèces, il faut prendre un Circulatoire Cucurbital, comme
ceux ci-devant décrits, assez ample et ayant deux conduits en forme
d'anses qui relient la tête au ventre et qu'on nomme Pélican, lequel est
requis pour Circuler les Eaux, Esprits ou Liqueurs, selon que nous
l'avons déclaré car, d'après Albert, Lulle, Ustade et d'autres Sages, il
est le Vaisseau Circulatoire le plus noble.
Il y a donc
différence entre Digérer ou Fermenter et Circuler, car Digérer convient
à la Matière brute, grossière et non évoluée qu'on place en une ample
Courge avec un Alambic aveugle, tandis que si la Matière est liquide,
huileuse ou subtile, on la met au Circulatoire.
On peut
obtenir une chaleur putréfactive en mettant dans une fosse, creusée en
terre, un lit de chaux vive pulvérisée de quatre doigts d'épaisseur, sur
lequel on doit placer un lit de paille ou de foin haché de huit pieds
d'épaisseur.
Il faut
enfouir le Vaisseau dans cette paille ou foin, et arroser le tout d'eau
chaude pour faire fermenter la chaux. Le haut du Vase devra dépasser la
paille, de façon à être à l'air et l'eau chaude devra être renouvelée
une fois par semaine. Il suffit de verser d'autre eau sur la Matière, la
première eau étant absorbée. La chaux se doit changer dès qu'elle ne
produit plus d'ébullition.
A défaut de
ce moyen, on aura recours au bain-marie.
Remarques :
Le bain
doit toujours avoir une chaleur continue, sans quoi la vertu des Mixtes
serait gâtée. Mais le Feu étant réglé, le meilleur de la plante
surnagera sur les fèces au bout de peu de temps et ira toujours en se
clarifiant, se purifiant et s'exaltant. La Matière, pour être digérée,
doit être enclose en des Matras de verre à col long, bien lutés et
remplis aux deux tiers de leur contenu seulement.
La
Digestion se peut faire aussi à la chaleur du Soleil pendant la
canicule. On place les Matras dans des Vases de terre épais et remplis
d'eau, que l'on expose au Soleil, tandis que des miroirs métalliques
doivent renvoyer sur ces Vases les rayons solaires réfléchis.
Une autre
Digestion est celle qui se peut faire en Octobre, dans le marc des
raisins, pendant leur fermentation, car cette chaleur est douce et
naturelle et provoque une Coction lente et maturante.
Certains
auteurs, après une Première Digestion, séparent le Suc ou l'Huile des
plantes, qu'ils remettent à Digérer ou à Circuler avant la Distillation.
Paracelse
veut que les plantes réduites en forme de pâte soient enfermées en Vases
clos et mises au bain vaporeux durant quarante jours, après quoi on
verse la liqueur, on la filtre et on y dissout le Sel Fixe extrait du
résidu par Calcination et Lessive. Cette Liqueur et son Sel doivent être
enclos en un Vase Luté et exposés au Soleil ou Digérés au bain-marie
pendant quarante autres jours. Il ne reste alors qu'à Distiller selon
l'Art. Ce procédé nous paraît être une excellente préparation, mais
Paracelse a dissimulé, dans ses ouvrages, des Opérations encore plus
secrètes...
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Comment se doit Clore le Sceau
d'Hermès

Le plus
souvent, l'Esprit, ou Soufre Noble, requiert la Clôture Hermétique, afin
que sa Vertu Subtile ne se puisse exhaler par l'exaltation du Feu. Il
faut alors recourir à la plus noble Sigillation, appelée Sceau d'Hermès.
Le Vaisseau à long col, dont la Matière à Digérer occupe le tiers
environ, doit être préalablement bouché avec de l'argile. Lors, on
incline ce long col vers l'ouverture du Fourneau allumé et on le tient
ainsi jusqu'à ce que le verre rougisse par la violence du Feu. On prend
alors de fortes tenailles plates, dont l'extrémité aura été rougie au
Feu, avec lesquelles on saisit doucement le haut du col du Matras pour
l'échauffer davantage. Il faut alors serrer les tenailles pour fermer le
Col, et les tourner lentement afin de tordre le verre en un seul tour.
Il ne faut mettre le Vase au bain qu'après que le Col serra refroidi,
afin qu'il ne se rompe.
Pour ouvrir
le Vaisseau, après l'Opération, il faut entourer plusieurs fois le haut
du Col avec un gros fil de coton imbibé d'Esprit de Vin, ou enduit de
Soufre, et y mettre la flamme. Quand le verre sera chaud, on mouillera
l'endroit du fil avec un linge humide et le Col se rompra tout net.
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De la Vraie Distillation du Vin

Prendre de
très bon vin naturel, ni trop jeune, ni trop vieux, mais généraux, une
quantité quelconque. Le mettre dans le Vaisseau à Distiller avec
l'Alambic dessus, de façon que son bec entre en la partie supérieure du
réceptoire. Que tous les joints soient bien lutés avec le Lut de
Sapience fait de farine délayée avec blancs d'oeufs en épaisseur de
miel, selon Raymond Lulle.
Lors, il
faut colloquer le contenant sur un plateau de fer circulaire percé de
sept trous ronds, et porté sur trois pieds très courts, d'où lui vient
le nom de Trépied des Arcanes. Mettre ce Trépied sur le bain-marie fait
d'une grande chaudière scellée au mur et à moitié remplie d'eau, puis
soit mis au four de paresse appelé Accidie, qu'on ne déplace jamais.
Puis
donner, sous la chaudière, feu lent jusqu'à tiédeur de l'eau. Gagner
doucement le premier degré du bain-marie et le conserver longtemps.
Monter insensiblement au second degré, puis au troisième, et redescendre
au premier degré lentement.
Il faut
alors Distiller selon l'Art, en remettant la Liqueur obtenue sur ses
fèces, sans laver le vaisseau.
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De la Putréfaction du Vin par
Circulation

Pour
obtenir une Quintessence de vin très pure et évoluée, on peut employer
plusieurs moyens avant la Distillation. On peut d'abord faire Digérer
par quinze jours le raisin écrasé dans son eau, puis filtrer cette eau à
laquelle ont doit ajouter le Tartre extrait du marc par Calcination et
Lessive. Il reste alors à Circuler cette Liqueur au Circulatoire pendant
quatre jours, avant de la passer à la Distillation.
Toutefois,
comme en général on obtient le vin tout préparé, il ne reste qu'à le
faire circuler dans l'un des Vases sus-mentionnés, pendant sept jours de
suite, puis le filtrer et le remettre au Circulatoire pendant six jours,
puis filtrer encore et Circuler cinq jours, et ainsi de suite en
diminuant d'un jour à chaque Circulation et en filtrant la Liqueur entre
chacune d'elles, ce qui fera Sept Circulations en tout.
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De la Distillation Circulaire
du Vin

Quand on
aura reconnu que le vin digéré est préparé pour la Distillation, il le
faut verser dans l'un des nobles Vaisseaux que les Maîtres ont décrits
comme étant propres à la meilleure Circulation. Ce Vaisseau sera exposé
au Soleil caniculaire, plongé dans un grand Vase aux deux tiers plein
d'eau. On peut aussi le placer au premier degré du bain-marie ou un peu
plus, selon que la Matière est plus ou moins tempérée ou Subtiliée par
la Digestion.
Il faut
Circuler longtemps, jusqu'à ce que la Quintessence se manifeste, ce qui
se peut connaître par la saveur suave, douce, chaude, pénétrante et
subtile de la Liqueur. Si au fond du Vaisseau il reste un résidu liquide
et trouble, comme un nuage blanchâtre, il le faut séparer de la Liqueur
par Distillation et ensuite remettre à Circuler en un autre Vaisseau
propre, laissant en le premier un résidu épais.
Plus la
Liqueur sera circulée à lente chaleur, plus elle s'ennoblira et plus
elle attirera les influences célestes qui la dignifieront pour le profit
des Hommes.
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Pour tirer la Quintessence du
Vin

Prendre une
certaine quantité de très bon vin rouge ou blanc, un peu doux au goût,
et le Distiller par l'Alambic, quatre fois, comme nous avons déjà
enseigné, selon les degrés de chaleur. Puis, mettre cet Esprit au
Pélican à deux anses pour le Circuler selon l'Art, après avoir bien luté
le pertuis qui est au haut du Vase, afin que ne puissent fuir les
Esprits.
La Matière,
ainsi purifiée par de fréquentes Distillations Circulatoires et par
d'infinies Sublimations, est de plus en plus noble, et de Matière
Elémentée est faite Matière non Elémentée et corps incorruptible, à
l'image du Ciel dont elle tire sa Vertu.
Quand la
Liqueur sera suffisamment sublimée au Distillatoire, il faudra ouvrir le
pertuis au haut du Pélican et la suave odeur montera, si la Matière est
pure, pour réjouir les sens de l'Artiste et encenser toute sa maison
d'un parfum céleste. Mais si l'odeur est fade, impure et crue, il faut,
de suite, reluter le couvercle du pertuis afin de poursuivre la
Distillation Circulatoire, tant que la Liqueur soit faite Quintessence,
comme dit R. Lulle au second chapitre de son Premier Livre : «
qu'apparaisse cette liqueur, sous forme de Mercure végétal, dont l'odeur
suave et la saveur douce sont un indice de sa perfection. »
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Comment tirer la Quintessence
sans Feu

Mettre en
un Matras à long col, bien luté, le Premier Esprit de vin, et enfouir ce
Matras dans une fosse remplie de chaux vive avec de la paille hachée. Le
tout soit arrosé d'eau chaude, comme nous l'avons dit ci-devant.
Ceci se
peut faire autrement, en plaçant le Matras dans un tonneau aux deux
tiers plein d'eau tiède, que l'on enfouit dans le marc de raisin pendant
qu'il fermente.
Après
quarante jours de ce régime, il faut mettre l'Esprit au Circulatoire
d'Hermès à deux anses pendant sept jours et l'exposer à la chaleur du
Soleil.
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Eau-de-Vie propre à
Guérir et
Rajeunir

Mêler
quatre livres d'eau-de-vie rectifiée avec cinnamone, gingembre blanc,
noix de muscade, quatre dragmes de chaque ; menthe poivrée et écorce de
cannelle, quatre onces ; thym et serpolet, deux onces ; miel, quatre
onces et fleur de soufre pur, deux onces.
Mettre
Putréfier en Vase de verre durant quatorze jours, puis Circuler la
Liqueur au Circulatoire par trois jours. Distiller par l'Alambic au
bain-marie trois fois et l'on aura, très pure, cette Eau salutaire dont
les Vertus sont innombrables.
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La plus précieuse des Eaux-de-Vie

Mêler et
piler ensemble sauge récente avec fleurs, romarin, gingembre blanc,
clous de girofle, noix muscade, graine de paradis, galanga, calame
aromatique, zédoar, de chacun une once. Petite graine d'apparitoire,
demi-once. Macis, cucubes, feuilles de rue, de lavande et de marjolaine,
roses rouges, de chaque deux dragmes. Tiriacle ou andromache, métridat,
de chaque une dragme et demie. Huile laurin, fleurs de bourrache, de
buglosse, écorce de citron, fleurs de romarin, angélique, rapontique,
centaurée, mentrastre, menthe, matricaire, de chaque une dragme et
demie. Castor récent, verveine avec fleurs, bétoine, bois d'aloès,
pilobalsame, carpobalsame, aspic d'Inde, gland de chêne, grains de
péonie, une dragme. Semence de basilic, de fenouil, d'anis, de ronique,
safran oriental, de chaque demi-dragme.
Mettre le
tout dans dix livres d'Eau-de-Vie distillée et Digérer pendant quatre
jours pleins. Distiller ensuite par trois fois sur les fèces.
D'autre
part, faire une pâte avec miel fin, deux livres. Camphre, une dragme, et
fleur de soufre, deux onces. Mélanger le tout et le mettre au
Circulatoire par dix jours avec la Liqueur.
Le onzième
jour, séparer la Liqueur des fèces et la Rectifier par trois fois à
l'Alambic.
Les Vertus
de cette Eau-de-Vie sont tellement nombreuses qu'on n'en peut désigner
l'une plutôt que les autres.
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De la Quintessence Froide
de nature opposée à
l'Eau-de-Vie

Toute
Fermentation dégénère en Esprit ou Alcool, et presque toutes les
Quintessences sont de nature chaude. Pourtant, on trouve, dans Evonyme
Philiatre, une formule de Quintessence Froide, dont voici la préparation
:
Fleurs de
suz, fleurs d'ongle caballine croissant sur les eaux, ayant larges
feuilles et fleurs jaunes (probablement nénuphar ou nymphée, selon
Rogier) une livre de chaque. Semence de laitue et de porcelaine, une
demi-livre de chaque. Fleurs de solanon ou morelle, deux scrupules, le
tout en verdeur.
Distiller
ces plantes par Sept fois et mettre l'eau en Matras de verre enfoui
profondément en terre pendant plusieurs jours. Après s'en être servi, on
le doit remettre en lieu froid et profond. Cette Liqueur arrête les
menstrues, interrompt la transpiration, émeut l'appétit, calme la
migraine et guérit le chancre.
En somme,
elle détruit toute maladie d'origine chaude, comme inflammation des
yeux, excitation sexuelle, fistules, brûlures d'estomac.
Se prend
par une cuillerée le matin ou le soir et par injection et lavement.
Raymond
Lulle, au Livre des Eaux, donne la composition suivante, pour obtenir
une Eau contraire à la nature de l'Eau-de-Vie :
Camphre
blanc, rose, poivre blanc et noir, chicorée, porcelaine, violettes,
racines de guimauves, morelle, cheveux de Vénus, joubarbe, vermiculaire,
grain de pourceau, cardicel ou chardonnet.
Il faut
procéder comme il est enseigné au chapitre des Liqueurs et Eaux.
Haut

Procédé pour exalter la
puissance de l'Esprit de Vin

Piler en un
mortier une once de sucre candi (par double chopine de vin) et y ajouter
un dixième d'once de fleurs de soufre fines.
Mettre
cette poudre en marmite au Feu avec un peu de vin, et faire cuire
doucement et longtemps avec un couvercle.
Joindre
cette solution passée au vin à Distiller et Opérer ensuite selon l'Art.
L'Esprit
obtenu sera plus véhément que si on le tire sans cette préparation.
Haut

Comment tirer la Quintessence
des Quatre Eléments
pour obtenir un Dissolvant
de l'Or

Distiller
par trois fois d'excellent vin rouge au bain-marie, en entourant
l'Alambic ou récipient d'Eau Tiède pour tempérer l'opération par un mode
de douceur pendant le début de la Distillation. Puis, évacuer cette Eau
Tiède et la remplacer par de l'Eau Froide.
Le Vase
contenant cette Eau doit être large d'une palme au moins et fait de
cuivre rouge étamé avec, au milieu, un pertuis pareil à celui qui est au
Distillatoire, de façon qu'on les puisse exactement luter ensemble.
Quand le
vin sera bien Distillé et qu'on n'en pourra plus rien tirer, il en
faudra remettre de nouveau par le pertuis d'en haut qui est au
Distillatoire, et on le lutera de suite avec beaucoup de soin.
Distiller
ce nouveau vin et conserver à part le flegme, dont nous parlerons en son
temps. Puis, mettre le vin Distillé au Four de Paresse, dans le sable,
appelé Accidie ou Accidieux et, à défaut de ce four, on peut se servir
du bain vaporeux fait de telle sorte que la vapeur circule autour du
Vaisseau, de manière à le baigner d'une continuelle chaleur douce et
coctrice.
Quand on
voudra savoir quand tous les Esprits seront Distillés, il faut regarder
s'il ne sort plus aucune goutte de l'Alambic, ce qui est un signe
certain qu'il ne reste plus d'Esprit dans la Matière.
Après avoir
mis cet Esprit à part, il faut remplir de suite la Cucurbite d'Eau-de-Vie,
plaçant dessus l'Alambic et soit bien lutés ensemble. Puis, Distiller
par le Four Accidieux, de cendres, ou au bain-marie.
Cette
Distillation se doit faire ainsi :
Le flegme
demeuré au Distillatoire doit être réuni, à chaque Distillation, avec
l'Esprit Premier sorti, pour mûrir et améliorer le nouvel Esprit de
chaque nouvelle Distillation, et cela se fait Sept ou Neuf fois. Et
ainsi, on peut tirer et séparer la Quintessence, en très petite
quantité, car de soixante mesures de vin on tirera en tout un verre de
Liqueur Essentielle qui, si l'on ne l'enclos promptement, se
volatilisera très vite. C'est pourquoi il faut user de grandes
précautions pour la tirer du récipient sans qu'elle puisse s'évaporer.
Voici
comment les Quatre Eléments peuvent être séparés :
Mêler et
verser au Caldaire du premier fourneau, ou en une grande Cocourde,
toutes les Eaux tirées des précédentes Distillations, et soient
distillées au bain-marie pour en extraire tout le flegme jusqu'à ce que
rien ne monte plus. Puis ôter le réceptacle et l'on trouvera en la
Cocourde une Matière Noire comme poix liquide fondue.
Mais pour
obtenir cette Matière Noire plus rapidement, on peut faire évaporer une
partie du flegme en un Vaisseau de fer, à Feu de charbon, jusqu'à ce que
le résidu soit épais comme poix tendre, que l'on remettra en la Cocourde.
On reversera encore du flegme dans la capse de fer et, après
évaporation, on joindra la Matière Noire et épaisse à celle qui est en
la Cocourde, et cela tant que tout le flegme soit évaporé. Il faut
dessécher cette Matière à Feu lent, puis remettre dessus la Quintessence
déjà extraite avec grande précaution, de crainte qu'elle ne se
volatilise, et que soit bien imbibée la Matière et incorporées ensemble.
Les mettre au bain-marie, à Digérer et ensuite soient Distillées par
l'Alambic et que l'Eau de la Distillation soit remise sur les fèces et
boues noires et derechef soit Distillée, puis rejointe aux fèces et
encore Digérées ensemble, puis Distiller l'Eau, et cela autant que l'on
voudra, et plus sera réitéré, meilleur sera.
La Septième
Distillation donne une liqueur appelée Sang Humain, que les Alchimistes
nomment l'Elément Air, et ainsi l'on aura l'Air et l'Eau. Il faut alors
continuer, en Distillant par l'Alambic, l'Huile restée en la Matière, ou
résidu épais qui est au fond du Distillatoire, par le bain de cendres,
et garder cette Huile à part.
La Terre
Noire qui restera sèche en la Cocourde est propre à aiguiser la
Quintessence par son ferment. Il faut la mettre à Distiller avec toute
la Quintessence et qu'elles soient unies ensemble, et quand monteront
des gouttes pareilles à de l'Huile claire, soit ôté le réceptacle pour y
substituer un autre plus grand à cause de la force des Esprits, et faire
Feu moyen par vingt-quatre heures, car le Feu violent ferait monter la
Terre.
Quand
l'Esprit Huileux sera passé, il faudra augmenter le Feu jusqu'à ce que
rien ne Distille plus. Sa Terre restera sèche, ayant odeur de brûlé. Il
la faut mêler avec le flegme de l'Eau-de-Vie, de façon qu'il y ait
quatre fois plus d'Eau que de Terre, et les mettre en un Vaisseau de
verre ou de terre plombée. Et quand la Terre aura déposé et que l'Eau
sera évaporée par la chaleur du bain, il faudra remettre autant d'Eau
que devant, et cela tant de fois que la Terre reste inodore. Or, cette
Terre étant bien lavée de son Eau, il faut derechef l'incorporer avec la
Quintessence et Distiller lentement la Liqueur, et ceci doit être la
Rectification.
La Terre
étant sèche, il la faut mettre en poudre fine et la mêler avec les Deux
Eléments déjà obtenus, savoir : L'Eau et l'Air, et soient circulés au
bain-marie par trois jours et trois nuits. Après, soit distillée cette
Eau Adente, qui est Pur Feu, et ainsi seront Trois Eléments exaltés en
la Quintessence.
La Terre
restante doit ensuite être Calcinée au Four de Réverbération, en cendres
blanchâtres. Mais, auparavant, il la faut mettre entre deux terrines
bien lutées, pendant douze jours, dans de la chaux vive, et ainsi sera
prête pour la Réverbération. Après complète Calcination, il la faut
mêler avec l'Esprit de l'Elément Feu, déjà obtenu, et les Circuler au
bain-marie par trois jours et trois nuits, puis Distiller par Sept fois
et autant de fois Calciner la Terre par Réverbération. Si cette Terre ne
se dissout plus dans l'Esprit, à l'Air, elle est alors Evoluée et prête
pour l'Oeuvre, car elle est Pierre des Philosophes et non Sel, comme
disent d'aucuns.
Les Quatre
Eléments auront donc paru dans cette Oeuvre divine. Le flegme est l'Elément
Eau, l'Huile est l'Elément Air, l'Esprit Rectifié est l'Elément Feu et
la Terre Evoluée est l'Elément Terre. Là est la base de l'Oeuvre par
lequel l'Or peut être solu et rendu propre à donner sa Semence pour
devenir la Médecine Universelle.
Il faut se
garder d'user de la Liqueur du Feu dernière sortie, car sa chaleur est
telle que, prise à l'intérieur, elle dessécherait le sang et les
organes. Mais elle est bonne à joindre avec sa Terre pour faire Médecine
de l'Or.
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Préparation de la Terre Subtile
avec l'Esprit

Après
avoir fait Eau-de-Vie de vin rectifiée trois ou quatre fois, de façon
qu'elle soit privée de toute humidité, il faut séparer la Terre de son
flegme, et soit ce flegme mis au Caldaire et cuit jusqu'à épaisseur de
miel, puis refroidi durant la nuit. Il s'y formera des cristaux de Sel
dont il faut séparer leur suc, et soit d'autre Eau répandue sur ces
cristaux et mêlée avec. Evaporer comme devant, couler l'Eau ou Suc, le
mêler avec le premier et cuire ensemble, jusqu'à épaississement. Laisser
refroidir deux jours et il se formera de nouveaux cristaux, qu'il faut
joindre aux premiers. Cette Opération se doit réitérer jusqu'à ce qu'il
ne se forme plus de cristaux.
Il faut
dessécher tout ce Sel et le Calciner en blancheur dans un creuset de
terre, au Four de Calcination, en prenant garde que les cristaux ne se
fondent.
Après la
Calcination à blancheur, il faut verser ce Sel sur l'Eau-de-Vie
Rectifiée déjà obtenue, et Distiller tout par Sept fois, lentement,
comme il a été enseigné. En cet Esprit Ardent se peut dissoudre l'Or
préparé selon l'Art, et qu'il faut ensuite Circuler longtemps avant
qu'il soit homogène avec son Menstrue.
Cette Voie
est plus courte que la précédente et donne de bons résultats, quoique la
première soit la Voie des Sages, laquelle requiert grande subtilité,
patience et Art.
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De la Distillation « Per
Descensum »

Cette
Distillation est fort peu connue, bien que nécessaire pour obtenir
l'huile de genièvre, l'huile de bénite, de noix de muscade et quantité
d'autres huiles.
Il faut
avoir un Fourneau carré fait de briques non cuites, ayant trois coudées
de côté et une et demie de hauteur extérieurement. Il faut le consolider
par des ferrements et ménager à sa partie supérieure médiane un trou
d'un pied de diamètre. Sur ce foyer, il faut établir un abri de tuiles
muraillées, assez haut pour pouvoir couvrir plusieurs Cucurbites à la
fois, et ce Fourneau sera propre pour l'Oeuvre.
Il faut
prendre un ou deux Courges de bonne terre ou de cuivre étamé, mais une
peut suffire.
La Matière
à Distiller ne doit pas occuper plus du tiers du volume de la Courge,
qui doit être fermée d'un couvercle de fer blanc percé de petits trous.
Mais elle doit être tournée, l'orifice en bas et le cul en haut, de
façon que son col passe par le pertuis ménagé au fond du fourneau, et
qui doit avoir trois doigts de largeur.
Il faut
alors adapter le Réceptacle à la partie inférieure de la fournaise pour
recevoir la Matière Distillante, et qu'en la supérieure partie du
Fourneau soit fait Feu de charbon de tous côtés qui, autant que
possible, soit éloigné du Distillatoire. Le Feu, petit au début, doit
être progressivement augmenté et, de Toute Matière, il sortira d'abord
de l'Eau en plus ou moins grande quantité.
Soit donc
mise, dessous l'orifice de la partie du fond supérieur, une Courge de
verre en l'inférieure partie du Fourneau pour recevoir la Distillation
et, quand paraître l'Huile Distillante, il faudra évacuer ce Vaisseau et
derechef le supposer, tandis que le Feu sera fait plus fort et plus près
du Distillatoire jusqu'à ce que l'Huile ne distille plus.
Alors, il
faut reculer le Feu autant que possible et le laisser éteindre, et que
la partie supérieure de la Cocourde soit refroidie. Enlever de suite la
partie basse où est l'Huile et la garder à part, car cette Huile est
subtile, essentielle, balsamique et propre aux choses nobles.
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Pour extraire la Quintessence
des Plantes en général
d'après Philippe Ustade

Prendre
des plantes les parties que l'on voudra, et soient hachées et pilées au
mortier avec une dixième partie de sel commun nettoyé, et soient mises
au Circulatoire à Fermenter pendant trente ou quarante jours, par le
bain vaporeux.
Soient
après mises Distiller à l'Alambic à Bec, au bain-marie, en augmentant
peu à peu le Feu jusqu'au troisième degré.
Garder à
part l'eau distillée et tirer dehors le résidu qu'on pulvérisera au
marbre.
Remettre
ce résidu dans l'Alambic Aveugle avec l'eau distillée, le tout bien
luté, et soient Distillés au bain-marie en diminuant, par après, le Feu
au degré moyen.
Refaire
par Trois fois ces Opérations.
Piler,
Imbiber, Mélanger, Digérer et Distiller en diminuant toujours le Feu
jusqu'au premier degré, et que la Seconde Digestion soit de vint et un
jours, la Troisième de quatorze jours et la Quatrième de huit jours.
Après la Quatrième Distillation parfaite, soit tout mis au Circulatoire
par le bain vaporeux du premier degré, ou par le Soleil d'été, ou le
marc de raisin, pendant un mois ou quarante jours. Puis Distiller par
l'Alambic à Bec au bain-marie.
Il faut
alors Calciner les fèces en partie, comme le tiers, en tirer le Sel par
Lessive, le Dissoudre dans la Liqueur et soient Circulés ensemble par
Sept jours.
Puis, soit
l'Esprit Distillé par Trois fois seul, et sera pur et Rectifié, et la
Vraie Quintessence des semences, feuilles ou racines des plantes.
S'il
restait du Sel après ces Rectifications, il le faut séparer et rejeter.
Cette
formule opératoire peut être suivie pour préparer la majeure partie des
Simples.
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Pour extraire la Quintessence
des Fruits

Les fruits
seront coupés en morceaux, pilés au mortier de terre et bien incorporés
avec la dixième partie de sel commun nettoyé.
Les mettre
en la Cucurbite avec l'Alambic Aveugle bien luté, et puis à Digérer au
bain vaporeux d'eau ou de chaux et, quand après quinze ou trente jours
le suc surnagera dessus les fèces, on commencera les Distillations,
comme pour les plantes, si ce n'est qu'il ne faut ici extraire le Sel et
que la Circulation se doit faire sans lui, mais seulement avec le résidu
broyé et desséché.
Cette
Quintessence est excellente aux maux chauds ou de la bile, car elle est
rafraîchissante et réconfortante.
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De la Quintessence du Miel

Mettre de
bon miel épais et rose en un chaudron de fer avec autant d'eau de
fontaine, et cuire à Feu lent en écumant la surface du miel, quand elle
est couverte, par Neuf fois, et soit le mélange rendu en la première
consistance du miel.
Mettre ce
miel au Circulatoire, au premier degré du bain-marie, par quarante
jours.
Cela fait,
le mettre en une Courge haute et longue, de verre, et Distiller par
l'Alambic.
Si le miel
ne monte pas, il faut entourer la courge avec des linges mouillés et
l'eau claire sortira, qu'il faut garder à part car elle est excellente à
la repousse des cheveux.
Après,
montera une eau couleur d'or, très précieuse pour les plaies et la
coloration des cheveux, et qu'il faut conserver.
Cette eau
sortie, il faut Distiller par les cendres dès qu'elle commence à rougir
et à brunir, et mettre à part cette troisième eau rouge.
Mais, pour
avoir le meilleur, il faut Circuler par Sept jours ces Trois Eaux
réunies et les Distiller Trois fois sur leurs fèces puis, à la Quatrième
Distillation, garder à part la Première Liqueur, soit la moitié du tout,
et redistiller la moitié restante par Quatre Fois selon l'Art.
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Quintessence des Plantes
Aromatiques

Mettre en
chaudron, au bain-marie, trente-deux livres d'excellent vin blanc et le
Distiller tant qu'il soit réduit à six ou huit livres.
Puis
réitérer la même opération avec d'autre vin blanc, tant que l'on ait
obtenu trente-deux livres d'Esprit de Vin Distillé.
Remettre
cet Esprit au Distillatoire, à Feu lent, tant qu'il soit réduit de
moitié.
Verser
ensuite cet Esprit dans la Courge, et soit si longuement Distillé que
tout le flegme s'en soit allé.
Puis
redistiller par quatre fois au bain-marie et soit ajouté, après la
Distillation : bois d'aloès, cardamome et cucube rescente, de chacun une
dragme. Cinnamome, noix de muscade, gingembre blanc, poivre long,
graines de paradis et de santal, de chacun quatre dragmes.
Soient
toutes ces choses pulvérisées et mises en un Vase de verre bien fermé au
bain-marie par huit jours, et soient distillées à Feu lent par
l'Alambic.
Après, il
les faut mettre en une Courge à long col, avec clous de girofle et ambre
gris, de chacun deux dragmes, bien pulvérisés. Fermer la Courge et la
mettre au bain-marie par quinze jours, à chaleur douce et continuelle.
Séparer
alors la Liqueur des fèces et Distiller par Trois fris à Feu lent et, à
la fin de la Troisième Distillation, donner Feu plus fort et laisser
refroidir la Liqueur, qui est une Quintessence du Second Ordre.
Pour avoir
la Quintessence du Premier Ordre, il faut tirer les fèces et les
dessécher en Vase de terre à fort Feu et, quand elles seront cassantes,
il faudra les mettre au Circulatoire, bien mêlées avec la Liqueur,
pendant Sept jours.
Puis
Distiller par Quatre fois la Liqueur sur ses fèces chaque fois
desséchées et, pour finir, Distiller ou Rectifier la Liqueur seule par
Trois fois à Feu lent.
Il n'est
point de maladies humides ou froides qui résistent à cette Quintessence.
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Eau-de-Vie fortifiante et
réconfortante

Broyer
grossièrement ensemble : gingembre blanc, cinnamome, poivre cubèbe,
clous de girofle mondés, noix de muscade, macis, cardamome, zédrac,
galanga et poivre long, par quantités égales.
Verser sur
le tout six parties d'Eau-de-Vie simple, et soient mis dans une Courge
avec l'Alambic Aveugle à Digérer par quatorze jours.
Puis
Distiller au bain-marie avec très petit Feu lent.
Soit remis
cet Esprit sur la Matière derechef, soit Distillé par huit jours, et
celle plutôt trois fois que deux.
Lors,
réduire en poudre grossière : feuilles de sauge, de rue, de castor
frais, écorce de citron, grains de laurier, fleurs de lavande et de
romarin, de chacun trois dragmes.
Que le
tout soit arrosé d'Eau-de-Vie, Digéré, Distillé et préparé comme les
plantes précédentes.
Après
cette préparation, il faudra réunir ces deux Esprits et les Distiller
par Trois fois ensemble, et l'on aura cette Eau-de-Vie salutaire aux
maux flegmatiques.
Il faut
prendre cette Liqueur le matin, à la quantité de deux dragmes dans de
bon vin blanc, et elle fortifiera les faibles et tous ceux dont la
complexion est défectueuse.
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Eau-de-Vie équilibrante

Mettre en
Eau-de-Vie plusieurs fois Distillée : romarin, cinnamome, girofles,
gingembre et macis, avec une once de fines fleurs de Soufre.
Mettre le
tout au Circulatoire par trois jours, puis filtrer avec soin et
Distiller par Quatre fois.
Cette Eau,
prise en petite quantité le matin et le soir, préserve des maladies
infectieuses et rajeunit.
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Esprit de Vin essentiel par un
Adepte

Faire
Digérer par quinze jours, au bain-marie, une quelconque quantité de vin.
Distiller
l'Esprit et le Rectifier par Trois fois, pour ôter le flegme.
Mêler deux
livres de cet Esprit avec six livres du même vin, puis Distiller, ne
retirant que deux livres d'Esprit.
Mêler
encore ces deux livres d'Esprit avec six livres de vin Digéré, et en
Distiller seulement deux livres d'Esprit.
Il faut
réitérer ces Opérations par Sept fois, et ainsi on obtiendra le vrai
Soufre du Vin, qui est si volatil qu'en le versant par gouttes, d'assez
haut, il s'évapore avant d'atteindre le sol.
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Le Premier Menstrue

Mêler
quatre livres de Tartre purifié et pulvérisé avec une livre de Vitriol
de Mars.
Mettre ce
mélange dans un ample Matras et verser dessus trois livres d'Eau
Vitriolique empreinte de son Esprit Sulfuré Volatil.
Adapter le
Vaisseau de Rencontre, le luter et mettre le tout en Digestion au bain
vaporeux pendant Sept jours.
Verser le
produit de la Digestion dans une Cucurbite qui soit lutée d'argile
jusqu'à mi-corps, pour la mettre au Four de Réverbération, étant
couverte de son chapiteau bien luté.
Y adapter
un récipient dont les joints soient aussi lutés, et donner le Feu par
degrés, doucement, tant que les gouttes commencent à se suivre. Laisser
le Feu à ce degré jusqu'à ce que les gouttes cessent de monter.
A ce
moment, augmenter le Feu progressivement et tant que toutes les vapeurs
soient passées et que le chapiteau s'éclaircisse de soi-même. Alors
cesser le Feu et laisser refroidir le tout.
Séparer de
la Liqueur Distillée l'Huile de Tartre par le filtre et Rectifier
l'Esprit aux cendres jusqu'à sec. On aura ainsi le Premier Menstrue pour
ouvrir le corail sans Calcination.
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Le Second Menstrue dit « Aqua
Temperata »

Mêler
ensemble parties égales d'alcool de vin pur et d'Esprit de Sel déflegmé,
peu à peu, puis les Distiller par le bec de l'Alambic aux cendres quatre
ou cinq fois, c'est-à-dire jusqu'à parfaite union.
Ce
Menstrue servira à extraire le Soufre interne du corail, que le Premier
Menstrue cachait encore à l'ombre du corps.
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Traitement des Alcalis
selon G. Starkey

L'un des
meilleurs disciples de Van Helmont fut Georges Starkey, auquel nous
allons emprunter quelques indications utiles à la confection des Alcalis
Volatilisés. Voici un résumé de ses opinions concernant ce sujet :
Il y a
deux manières de Volatiliser les Alcalis : par Alcoolisation et par
Elixiration.
L'Alcoolisation est une Imbibition et une Circulation d'un Esprit
Volatil sur un Alcali Fixe, jusqu'à ce que des deux il se fasse un
produit neutre différent de l'un et de l'autre. Or, comme il est Trois
espèces d'Esprits : Acide, Alcalin et Vineux, on peut faire Trois sortes
d'Alcalis Alcoolisés, auxquels on a donné les noms d'Arcanum
Ponticitatis, d'Arcanum Microscomi et d'Arcanum Samech.
L'Elixiration
se fait par l'Imbibition d'une huile essentielle ou Distillée, ou d'une
teinture essentielle sur un Alcali, jusqu'à ce que des deux il se fasse
un Sel Volatil de la nature de l'huile ou teinture employée.
De ces
diverses Opérations, la plus aisée est l'Arcanum Ponticitatis qui
consiste à provoquer une ébullition en versant un acide sur un Alcali
jusqu'à saturation, ce qui détruit la corrosion ignée de l'Alcali et le
rend volatil. Ce résultat s'obtient par de réitérées Cohobations de
l'acide sur l'Alcali qui, après l'effervescence, se doit mêler avec du
Bol et être Distillé à la manière de l'Esprit de Sel ou de Nitre,
jusqu'à ce que plus rien ne Distille. Il faut ensuite Cohober de nouvel
Esprit acide sur le Caput Mortuum jusqu'à ce qu'il en soit rassasié,
puis le Distiller de nouveau à fort Feu, répétant ce travail tant que
tout l'Alcali soit monté avec l'Esprit acide.
Cela se
peut faire avec l'Esprit de Vitriol, de Sel ou de Nitre, ou le Vinaigre
Distillé, dont le résultat est un Acetum Forte ou acetum radicis, comme
l'appelle Paracelse.
Il est une
autre Voie, sans Distillation, par laquelle il suffit d'Imbiber l'Alcali
d'un Esprit jusqu'à production d'un Sel qu'on déflegmera et qu'on
joindra avec la teinture rectifiée d'un Mixte, en les digérant jusqu'à
Cristallisation colorée, qui contient le Crasis du Mixte.
Mais il
est d'autres préparations plus efficaces dont nous donnerons quelques
aperçus.
Remarques
:
Il faut
remarquer que l'acidité des Esprits de Nitre et de Vitriol est très
différente de l'acidité de l'estomac qui est un Principe Fermentatif. Il
faut donc trouver un moyen pour que la dernière transforme les premières
en sa nature, car l'acide stomacal peut éteindre la nature ignée d'un
Alcali, s'il n'est pas en excès dans le remède et n'est pas de nature
minérale. Il faut donc être très prudent en ce qui regarde les sels
d'origine minérale, dont les préparations exigent une habileté
exceptionnelle de la part de l'Artiste.
Pour
conclure, il faut arriver à produire un Sel Neutre très pur, sans
acrimonie qui, par une longue Digestion et Circulation avec l'Essence
d'un Mixte, devient anodin, doux, subtil et qui, par sa Volatilité,
exalte la Vertu du Mixte avec lequel il pénètre dans l'organisme
jusqu'aux dernières Digestions. La meilleure Voie est d'obtenir la
Volatilisation par les huiles essentielles ou par les Esprits Vineux qui
sont des Soufres Volatils de nature beaucoup plus noble que celle des
Acides minéraux.
Il les
faut Conjoindre sans aucune eau par une Secrète Circulation et, en
l'espace de trois mois, ils se changeront en Sel Volatil. Les Alcalis et
les huiles essentielles, exactement préparés, s'embrassent par des liens
d'amour, ce qui paraît par une odeur ammoniacale que dégage le mélange
en consistance de crème savonneuse.
Il faut
continuer la Décoction tant que le mélange se puisse dissoudre dans
l'Esprit de Vin, sans qu'il monte à la surface aucune matière grasse et
que l'Esprit s'unisse au mélange intimement et inséparablement.
Rectifier
cette solution à chaleur modérée, et il montera d'abord un Esprit
Volatil brûlant ayant le goût et l'odeur de l'huile et, après la sortie
du flegme insipide, il restera au fond du vaisseau un Elixir balsamique
teint.
L'Esprit
étant bien déflegmé, l'unir à cet Elixir, les Digérant ensemble jusqu'à
parfaite union. Mais, pour obtenir un Elixir parfait, il le faut
dessécher et cristalliser sans aucune addition et sans aucune chaleur
culinaire séparatrice, et le nourrir lentement de son huile tant qu'il
en ait bu Trois Fois sa propre quantité. L'Air engendrera le froid et le
sec, et le Feu, Non Vulgaire, produira le chaud et l'humide. Entendez
bien cela, et le Secret de l'Alkaest et les mystères du Soleil et du
Mercure vous seront révélés.
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Premier Procédé pour
Volatiliser le Sel de Tart