Les Grands Secrets
          
de Beauté - II
  

 

 

 

Voici à peu près ce que chantait Padmini :

« Elle est belle comme un bouton de lotus, comme Rathi la Volupté.

Elle a le port du cygne, son corps élégant et souple irradie une odeur exquise et mystérieuse.

Ses joues sont lisses, douces et tendres au toucher, l'abeille la suit comme une fleur au doux parfum de miel.

Ses cheveux soyeux, longs et odorants encadrent un visage idéal.

Son front a la pureté d'un marbre de Paros, ses sourcils ont l'arc suave de deux croissants lunaires.

Ses yeux doux et troublants fendus comme ceux d'une gazelle ont la noirceur de la nuit et ses prunelles étincellent dans leurs orbites comme deux étoiles dans un ciel sombre.

Ses lèvres voluptueuses ont l'éclat tentant du corail. Ses dents, la blancheur du jasmin.

Ses seins épanouis et fermes se dressent comme deux coupes d'or renversées que surmonterait la fleur du grenadier. »

Pour parvenir à ce degré de perfection plastique, les belles Égyptiennes savaient aider et corriger la Nature.

Ne négligeant rien de tout ce qui pouvait les mettre en valeur, elles apportaient des soins infinis au choix des préparations destinées à les embellir, elles ne craignaient pas d'utiliser pour leurs recettes des produits de très grand prix. Pour les obtenir les navires sillonnaient les mers en quête d'ambre, de myrrhe et de nard et ces précieux ingrédients n'étaient pas moins prisés que la pourpre de Tyr ou les perles d'Ophir dont s'ornaient leurs parures.

A ces époques lointaines il n'était pas encore de chimistes prétentieux, de ces pygmées aux allures de Prométhée qui rêvent de suppléer par des manipulations de laboratoire à la lente élaboration de la Nature et à la rayonnante caresse du soleil.

Les recettes étaient l'apanage de savants vieillis dans l'Étude et l'austérité des Temples ; médecins de l'âme et du corps, alchimistes avant la lettre ; une sorte d'initiation leur conférait un savoir millénaire indéfiniment accru et confié à une seule élite.

La prédilection de ces thérapeutes allait aux sucs végétaux, aux macérations de fleurs, aux extraits naturels. Le secret de ces compositions tenu caché, se vit compromis pendant cette période d'anarchie intestine où les dynasties étrangères inaugurèrent la décadence de l'Égypte.

Certains fragments déchiffrés tant bien que mal tombèrent entre les mains des Rômes (ces nomades mieux connus sous le nom de Bohémiens qui les vulgarisèrent au cours de leurs voyages. Les vestiges s'en trouvent encore sous forme de recettes de campagne, mais combien déformées, combien faussées par l'ignorance des copistes ou la négligence des générations qui se les sont transmises.

La nocivité des produits est la pierre d'achoppement des Modernes. Il n'est à notre époque que teints ravagés par le maquillage, visages abîmés par l'abus des produits chimiques dits de Beauté et, si les aliments artificiels endommagent nos dents et détériorent nos estomacs, nos délicats épidermes se fripent et se rident sous l'action répétée de tant de produits factices...

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Tous les secrets de beauté, conseils éminemment pratiques, recettes peu onéreuses et d'une extrême facilité de réalisation et d'emploi, présentés au fil du temps dans cette mini rubrique, sont extraits du livre de Sarah Xantès, paru en 1925 sous le titre : « Pour acquérir, conserver, augmenter la beauté, la grâce, le charme »

 

 
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Dernière modification : 13 Février 2007