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Voici
à peu près ce que chantait Padmini :
«
Elle est belle comme un bouton de lotus, comme Rathi la
Volupté.
Elle a le
port du cygne, son corps élégant et souple irradie une
odeur exquise et mystérieuse.
Ses joues
sont lisses, douces et tendres au toucher, l'abeille la
suit comme une fleur au doux parfum de miel.
Ses
cheveux soyeux, longs et odorants encadrent un visage idéal.
Son front
a la pureté d'un marbre de Paros, ses sourcils ont
l'arc suave de deux croissants lunaires.
Ses yeux
doux et troublants fendus comme ceux d'une gazelle ont
la noirceur de la nuit et ses prunelles étincellent
dans leurs orbites comme deux étoiles dans un ciel
sombre.
Ses lèvres
voluptueuses ont l'éclat tentant du corail. Ses dents,
la blancheur du jasmin.
Ses seins
épanouis et fermes se dressent comme deux coupes d'or
renversées que surmonterait la fleur du grenadier.
»
Pour parvenir
à ce degré de perfection plastique, les belles
Égyptiennes savaient aider et corriger la Nature.
Ne négligeant
rien de tout ce qui pouvait les mettre en valeur, elles
apportaient des soins infinis au choix des préparations
destinées à les embellir, elles ne craignaient
pas d'utiliser pour leurs recettes des produits de très
grand prix. Pour les obtenir les navires sillonnaient
les mers en quête d'ambre, de myrrhe et de nard et
ces précieux ingrédients n'étaient pas moins prisés
que la pourpre de Tyr ou les perles d'Ophir dont
s'ornaient leurs parures.
A ces époques
lointaines il n'était pas encore de chimistes prétentieux,
de ces pygmées aux allures de Prométhée qui rêvent
de suppléer par des manipulations de laboratoire
à la lente élaboration de la Nature et à
la rayonnante caresse du soleil.
Les
recettes étaient l'apanage de savants vieillis dans l'Étude
et l'austérité des Temples ; médecins de l'âme et du
corps, alchimistes avant la lettre ; une sorte
d'initiation leur conférait un savoir millénaire indéfiniment
accru et confié à une seule élite.
La prédilection
de ces thérapeutes allait aux sucs végétaux, aux macérations
de fleurs, aux extraits naturels. Le secret de ces
compositions tenu caché, se vit compromis pendant cette
période d'anarchie intestine où les dynasties étrangères
inaugurèrent la décadence de l'Égypte.
Certains
fragments déchiffrés tant bien que mal tombèrent
entre les mains des Rômes (ces nomades mieux connus
sous le nom de Bohémiens qui les vulgarisèrent
au cours de leurs voyages. Les vestiges s'en trouvent
encore sous forme de recettes de campagne, mais combien
déformées, combien faussées par l'ignorance des
copistes ou la négligence des générations qui se les
sont transmises.
La nocivité
des produits est la pierre d'achoppement des Modernes.
Il n'est à notre époque que teints ravagés par
le maquillage, visages abîmés par l'abus des produits
chimiques dits de Beauté et, si les aliments
artificiels endommagent nos dents et détériorent nos
estomacs, nos délicats épidermes se fripent et se
rident sous l'action répétée de tant de produits
factices...
* * *
Tous
les secrets de beauté, conseils éminemment pratiques,
recettes peu onéreuses et d'une extrême facilité
de réalisation et d'emploi, présentés au fil du temps
dans cette mini rubrique, sont extraits du livre de
Sarah Xantès, paru en 1925 sous le titre : «
Pour acquérir, conserver, augmenter la beauté, la grâce,
le charme »
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