OU
COMMENT ACQUERIR RAPIDEMENT LA RICHESSE
Parmi
les arts divinatoires, les procédés dits de «
cabale », si usités au XVIIIe siècle, et
dont le grand aventurier
Casanova a su tirer un si bon parti, si l'on en croit ce
qu'il raconte en ses « Mémoires »,
consistaient à rendre des oracles en faisant des
combinaisons de chiffres ; on en trouvera un exemple des
plus compliqués dans un manuscrit de la Bibliothèque
de l'Arsenal, intitulé « La Cabale Intellective
».
Les
différentes façons de gagner dans les loteries et de
deviner le numéro sortant s'y rattachent également.
Une méthode fort simple, et parfaitement applicable
à la loterie qui, encore de nos jours, se tire
chaque semaine en Italie, nous a été léguée dans le
livre : « La Clef d'Or ou l'Astrologue Fortuné
Devin », traduit de l'italien d'Albumazzar de
Carpentari, par M. Peregrinus - Avignon, 1815, dont
l'auteur se révèle ainsi un des bienfaiteurs de
l'humanité.
Pour
devenir rapidement riche, il suffit de posséder le
dessin ci-contre, appelé « Figure Pentagone
» ;
aussi, nous empressons-nous de l'offrir ici à nos
lecteurs.

«
FIGURE
PENTAGONE POUR GAGNER À LA LOTERIE »
ALBUMAZZAR
DE CARPENTARI, « LA CLEF D'OR » - AVIGNON,
1815
Son
aspect paraît, à première vue, mathématiquement
rébarbatif ; elle contient cependant le secret du
Pactole si l'on étudie attentivement l'explication
qu'en donne ici l'auteur :
«
Un de mes amis m'ayant prié de lui expliquer la vertu
de la figure Pentagone, je la lui dessinai telle qu'on
la voit pour me conformer à ses souhaits et lui
fit remarquer qu'en écrivant les numéros extraits de
la façon qu'ils sont dans ladite figure, il commençât
par le dernier numéro extrait et le plaçât dans
l'angle A ; ensuite dans l'angle B, le quatrième
extrait ; de là, dans l'angle D, le troisième
;
dans l'angle C, le second extrait ; et enfin, dans
l'angle supérieur E, le premier extrait. Cela étant
fait, je lui ajoutai qu'il fallait qu'il sommât le numéro
A avec les correspondances B. C ; ensuite le numéro C
avec les correspondances A. D ; après le numéro
C avec le correspondant A, et avec la somme A, B ; puis
le numéro D, avec le numéro correspondant C, et avec
la susdite somme, en divisant et multipliant les
produits avec le numéro supérieur E, il trouverait
toujours trois numéros qui fort souvent donnent le
terne, l'ambe, l'extrait. »
La
loterie royale, qui fonctionnait en France depuis 1758,
ayant été supprimée sous Louis-Philippe, les méthodes
secrètes pour gagner à ce jeu sont tombées
dans l'oubli en ce pays. On pensait autrefois que les
numéros gagnants étaient indiqués par des songes.
Ainsi, venait-on à rêver d'une autruche, il
fallait, dès le lendemain, miser sur le n° 73 ;
d'un baromètre ? les n° 13, 17 et 49 étaient
tout indiqués ; d'un nègre ? 18 et 68 devaient
gagner ; d'une seringue ? c'étaient les n° 1, 2 ou 48.
Et comme l'on n'était point toujours sûr de rêver,
on récitait l'oraison suivante, que Collin de Plancy
nous a pieusement transmise, et qu'on plaçait, écrite
sur du parchemin vierge, sous son oreiller :
«
Seigneur Jésus Christ, qui avez dit : Je suis la voie,
la vérité et la vie, car vous avez chéri la vérité,
et vous m'avez découvert les secrets de votre sagesse,
qui me révélera encore cette nuit les choses inconnues
qui ne sont révélées qu'aux petits, envoyez-moi les
anges Uriel, Rubiel et Barachiel, qui m'instruisent des
nombres que je dois prendre pour gagner, par Celui qui
viendra juger les vivants et les morts et le siècle
par le feu. »
Émile-Jules
GRILLOT de GIVRY
« Le Musée des Sorciers, Mages
et Alchimistes »
Librairie de France - 1929
BONNE
CHANCE !
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