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Pour en
terminer avec la lèpre et mettre fin à
cette ambiguïté qui pourrait subsister dans
l'esprit du lecteur, rappelons que la lèpre est
causée par un bacille et qu'elle ne fut et ne sera
jamais héréditaire. Pour l'Histoire et les Cagots,
c'est le Parlement de Bordeaux qui, le 14 mai 1578,
ordonna aux officiers et consuls de Casteljaloux, sous
peine d'amende, de faire un règlement contre les
lépreux et en même temps d'en faire un autre
contre les Cagots. Le Parlement de Bordeaux demandait
aussi que les Cagots soient de nouveau soumis au port du
signe d'infamie tombé en désuétude, un signe qu'ils ont accoustumé de tout temps porter.
C'est la coutume de Marmande (1396) qui semble traiter
la première des signes distinctifs que devaient
porter les Cagots. En effet, il y est dit que les Cagots
ne pouvaient entrer dans la ville de Marmande sans avoir
sur leur robe de dessus une pièce de drap rouge
longue d'une darne, de trois doigts d'ampleur et découverte
sur le devant à gauche. Il faut tenir compte du
fait que ces signes distinctifs et d'infamie se
ressemblaient tous dans l'esprit des gens du Moyen Âge,
en particulier les lépreux des Cagots ou des Juifs. On
obligea les lépreux à se munir d'une sorte
d'avertisseur, les cliquettes ; quant aux Cagots des
villes ou des campagnes, ce sera une ordonnance des
Jurats de Bordeaux, en 1573, qui les différenciera des
autres parias :
«
item, est establi et ordonné que doresenvant nul
chrestien ne chrestienne appelez gahectz, de quelque
lieu qu'ilz soient si hardiz de saillir de leurs
maisons, ne entre en la présente ville pour aller par
les ruhes, sinon qu'ilz portent l'enseigne de drap rouge
cousu sur la poictrine, de la grandeur d'un grand blanc
et en lieu descouvert et apparant et qu'ilz ayent les
pieds chaussez... »
Le 14 mai
1578, à la requête de Jacques la Ligue, le
Parlement de Bordeaux obligera les Cagots à
porter, comme signe d'infamie, « un signal rouge
à la poictrine en forme de pied de guit »,
c'est-à-dire en forme de patte de canard ou
d'oie, et les lépreux sont condamnés au port de la
cliquette. La différenciation est ainsi faite pour
qu'on n'y revienne plus.
Il nous
faut retenir deux indications données au chercheur dans
les textes moyenâgeux : l'une que les Cagots doivent
être impérativement chaussés avant de sortir de
chez eux, et la seconde que le signe distinctif qu'ils
doivent porter, celui qu'ils auraient dû toujours
arborer, représentait une patte d'oie.
En 1581, le
12 août, le Parlement de Bordeaux étendra les
mesures discriminatoires aux femmes et aux enfants des
Cagots. Petit à petit, cet ostracisme s'étendit
à toutes les régions où résidaient des
Cagots.
Daniel CASTILLE
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