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La manifestation des Djinns est toujours d'actualité,
comme en témoignent ces deux recensions pour le moins
curieuses :
« Un jeune militaire qui se trouvait à San
el-Haggar, l'ancienne Tanis de la Bible, voyait des
choses étonnantes alors qu'il était de garde sur une
colline surplombant le champ de ruines de Tanis. Il
entendait des bruits et voyait des formes grises passer
en sifflant, des mains sans corps faisaient rouler des
pierres ou jetaient des morceaux de briques. Parfois, il
voyait dans la nuit des êtres à l'aspect humain, mais
sans bras ni jambes, n'ayant que la tête et le tronc, ou
bien c'étaient des têtes d'ânes avec un corps humain...
»
Gérard Viaud, op. cit.
Il est bien connu des Orientaux que les Djinns
avaient un pouvoir de métamorphose et apparaissaient
parfois sous une forme animale. Leurs lieux de
prédilection étaient les sites pharaoniques et les
anciennes nécropoles. Peut-être ne sont-ils que les
résultats malheureux des expériences d'évocations des
anciens prêtres égyptiens ? Difficile de le déterminer !
Le journal égyptien « Al-Arham », du 28 Janvier 1974,
titra une information bien surprenante :
« Dans le Sinaï, les militaires voyaient des
camions, des chars d'assaut à demi brûlés avancer tout
seuls dans la nuit, sans moteur et sans êtres humains
pour les conduire... »
Etonnante magie des Djinns ou image perdue d'un autre
espace-temps, d'une autre dimension imbriquée dans la
nôtre ?
Pour les Coptes, ces Anges-Veilleurs ne sont pas
hostiles, contrairement à ce que pensent les Musulmans
de ces entités ignées.
Néanmoins, il existait, dans leurs traditions, une
autre catégorie d'esprits, qualifiés d'inférieurs car
issus des entrailles terrestres. Pour les théurges
coptes, ils étaient mortels et dangereux. Leur physique
était inquiétant et possédait des particularités
surprenantes. Ces Sûflî ou Afrits sont de
petite taille, de 0,80 m à 1,20 m de hauteur. Habillés
de noir, ils possèdent des yeux percés verticalement
dans le sens de la hauteur du visage et non
horizontalement comme les humains.
Gérard Viaud rapporte, à leur sujet, cette histoire
inquiétante :
« Il était deux heures du matin, il (son
voisin) revenait d'un village en longeant un canal.
Sous un arbre, penchée au-dessus du canal, il aperçut
une fillette de petite taille (1 mètre environ)
et vêtue de noir. Il la dépassa. Il accéléra le pas,
elle aussi accéléra le pas. Il eut peur, se retourna
vers la fillette et il aperçut alors un visage horrible
dont les yeux étaient percés, non horizontalement, mais
verticalement. Elle se précipita vers lui. Effrayé,
l'homme s'enfuit... Il se retourna pour voir cet être
extraordinaire disparaître dans le canal. »
C'était un Afrit, certainement malfaisant. Dans le
meilleur des cas, farceur et de mauvais goût...
Dans la pensée copte, ils sont à distinguer des
Djinns et forment une espèce bien particulière.
Ces interventions d'êtres extra-humains ne sont pas
toujours fâcheuses. Ils peuvent exercer un pouvoir
bienveillant. On raconte qu'à Tell-Basta habitait un de
ces « esprits issus du feu », dans une statue de pierre
noire. Les femmes stériles venaient s'y frotter le
ventre et briser des cruches en terre noire pour obtenir
une progéniture. Ce témoignage tend à prouver que les
Djinns sont similaires aux dieux animant des « idoles »,
technique largement utilisée par les Païens. Le
Paganisme officiellement éradiqué, les multiples
divinités se réfugièrent dans des pratiques obscures
superficiellement christianisées.
Le dieu Thot est le patron et l'instructeur des
magiciens égyptiens. Il fut remplacé par Sisinnios,
version copte du roi Salomon, Maître des Djinns. Pour
d'autres, la magie est venue des étoiles. D'après Jean
Ibn Abû Zakariya (écrivain copte du XIIIème siècle),
elle devait son origine à une entité stellaire nommée
Bendrîtûs (mot grec signifiant « le tout en trois »). Sa
généalogie est fort surprenante. Il est une sorte d'être
supérieur trinitaire, né d'un esprit-mère d'origine
lunaire et d'un esprit-père d'origine jovienne.
« Bendrîtûs, né de deux esprits, de la Lune et de
Jupiter, est le premier qui ait enseigné aux hommes la
magie, la sorcellerie, l'astrologie, la science de la
magie blanche, la science des choses cachées, et qui ait
mentionné en réalité les conjonctions des sphères
célestes et toutes les manières dont les hommes sont
entrés en rapport avec elles, en rendant un culte aux
astres et en cherchant à faire descendre leurs esprits.
»
« Presiosa margarita de scientiis ecclesiasticis
»
Editée par le Centre Franciscain d'Etudes
Orientales du Caire
a/s...
Dominique BECKER
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