Les Djinns - II
    

 

 

 

Il existerait, d'après les réflexions théologiques islamiques, trois catégories de créatures pensantes dans notre univers :

les Anges, créés par la Lumière,

les Djinns, issus d'un feu sans fumée,

les Hommes, façonnés à partir d'argile.

Malgré ces précisions, leur statut demeure flou et leurs caractéristiques physiques sujettes à des controverses.

Pour certains, ils ont un corps bien défini avec des formes personnelles, pour d'autres, leur nature est si subtile que nos yeux sont trop faibles pour les voir. Leur finesse de densité met en place une barrière visuelle importante. Néanmoins, le crépuscule, cette lumière teintée d'ambre à la fin du jour, les rendrait plus perceptibles et actifs.

« Lorsque le crépuscule arrive et que se répand l'obscurité, alors ne laissez pas sortir vos enfants car les shaytans (Djinns puissants) se rassemblent à ce moment. Après qu'une heure se soit écoulée, alors laissez-les sortir. »

Mustafa Ashour, « Les Djinns », Editions Essalam

Leur origine ignée ne les met pas à l'abri des blessures et de la mort. Disposant de grands pouvoirs, il leur arrive de se mêler à la population humaine et d'avoir des rapports charnels, d'élever des enfants et de mener les activités fort triviales de la vie quotidienne.

Certains habitants de la Péninsule Arabique confèrent aux Djinns une racine plus noble. Ils seraient la version islamisée de leur ancien panthéon vernaculaire où prédominaient les personnifications astrales. Affirmation qui fait dire à Mustafa Ashour, dans son opuscule théologique, qu'ils sont « les esprits des planètes ».

« Le Livre des Idoles » d'Ibn al-Kalbi (IXème siècle ap. J.-C.) a noté ces accointances divines avec les phénomènes célestes et leurs parures stellaires. Les esprits de l'Invisible, si présents dans la pensée musulmane, ces entités recouvertes du voile dogmatique islamique ne sont très probablement que des manifestations des anciens dieux bannis par la Révélation de Mahomet dans l'obscurité coranique. Il est à noter quelques détails curieux, notamment le fait que certains Djinns ont adhéré au culte d'Allah et se sont soumis aux paroles du Prophète. Etonnamment, c'est en Egypte, dans l'hagiographie chrétienne copte que des renseignements supplémentaires concernant ces êtres peuvent être mis à jour.

Il faut préciser que cette branche orientale du Christianisme était considérée comme étant dépositaire des traditions magiques du paganisme égyptien et de ses syncrétismes avec divers courants religieux méditerranéens à la fin de l'Antiquité. Bref, elle était l'héritière des magies antiques où les dieux cousinaient avec les hommes, leur révélant, dans un chuchotement, les secrets de l'univers.

La religion copte dispose d'un arsenal d'Anges, d'Esprits assez impressionnant, tous dévoués aux magiciens habiles à les utiliser. Le merveilleux était leur pain quotidien. Ne dit-on pas que le moine Chenouti (348-466 ap. J.-C.) vint un jour à Alexandrie monté sur un nuage et qu'il pratiqua les arts étranges pour maîtriser les sursauts atmosphériques du lieu où il se trouvait, pliant à sa volonté les caprices météorologiques et apportant ainsi bénédictions et fertilité ?

Un tel environnement, où les dieux anciens furent remplacés par des saints et autres entités angéliques, ne pouvait que nous donner des suppléments d'informations sur ces fameux Djinns nés d'une flamme pure dans les premiers temps du monde.

Ce sont des « Rûhanî », c'est-à-dire des Anges. Bienfaisants, ils sont sept, comme le nombre des planètes dans l'astronomie traditionnelle. Ils sont préposés à la théurgie bienfaisante. Ces Djinns seraient les égrégores énochiens, les « Elohim » des anciennes mythologies orientales préchrétiennes. Leur apparition doit être accompagnée de pain et de sel, pour éviter de fâcheuses conséquences.

Cette identification confirme la qualité astrale et l'origine céleste des Djinns telle qu'elle a été définie par les Arabes Musulmans. Ils sont liés aux planètes, ces corps stellaires mobiles dont ils sont les recteurs. Leurs noms sont les suivants - et ils sont liés à un jour de la semaine, dédié à la planète d'où ils ont tiré leurs dénominations :

Dimanche (Soleil) : Mikhaîl (Michel)

Lundi (Lune) : Ghafaîl (Gabriel)

Mardi (Mars) : Rufaîl (Raphaël)

Mercredi (Mercure) : Surial (Souriel)

Jeudi (Jupiter) : Israfil (Israfil)

Vendredi (Vénus) : Saratial (Sarathiel)

Samedi (Saturne) : Azraîl (Asrael) ou Ananial (Ananiel)

Il est à préciser que, dans les opérations théurgiques, les noms sont différents. Ils sont associés à des psaumes bibliques, jouant un rôle important dans le déroulement des travaux magiques. Une aura de mystère entoure ces créatures. Certains taxeront ces données de fadaises, de superstitions d'un âge révolu. Pourtant... des scientifiques se sentiront interpellés par ces esprits de feu. « La Revue des Industries Atomiques », n°1, 1958 - Stuckenberg E.C.G., aborde le problème des relations avec ces êtres non humains qu'elle suppose provenir ou habiter dans des univers parallèles tout en respectant les dimensions spatiales terrestres.

a/s...

 Dominique BECKER

 

 
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Dernière modification : 22 Février 2007