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Les sept
Richis sont sept princes, qui ont principalement mérité
le nom de Sages, des dix dynasties héroïques
suivantes :
Inde
: Maritchi,
Atri, Angiras, Poulastya, Poulaha, Cratou, Pratchétas,
Vasichta, Narada, Brighou.
Chaldéo-Babylonie : Alar,
Alaspar, Amelon, Amenou, Metalar, Daôn, Everadach,
Amphis, Otiartes, Xisouthrous.
Judée : Adam,
Seh, Enos, Kaînan, Mahlaléel, Jared, Enoc, Mathusala,
Lamech, Noé.
Leur vie,
pleine d'austérité et de bonnes oeuvres, les avait mis
en communication directe avec la divinité ; ce sont eux
qui instituèrent les sacrifices et donnèrent
aux hommes les premiers conseils de morale sous formes
d'aphorismes. Voici leurs noms avec la maxime familière
dont la plupart des scoliastes indous les font suivre :
ATRI : La première
de toutes les sciences est celle de l'âme.
ANGIRAS : En toutes
choses, considère la fin, car les actions ne
valent que par le bien qui en résulte.
CRATOU : Quand vous
rencontrez un homme orgueilleux de sa force et de son
intelligence, dites-lui :
« Qui es-tu ? D'où
viens-tu ? Où vas-tu ? »
POULASTYA : Fais à
ton frère ce que tu voudrais qu'il te fût
fait à toi-même.
PULAHA : L'homme
vertueux ne craint ni les coups du sort, ni la malice
des voleurs, car il porte toutes ses richesses avec lui.
MARICHI : Faire
du bien aux méchants, c'est écrire sur le sable.
VASICHTA : La plus méritoire
de toutes les vertus est la tempérance, car c'est elle
qui nous enseigne à user modérément des dons de
Brahma.
* * *
Le nombre
sept fut dans l'Inde un nombre fatidique et ceci en
l'honneur des sept personnes divines, ancêtres
des sept Sages...
Une foule de
lieux et de noms ne sont que par sept dans la mythologie
indoue. Ainsi, pour citer les plus renommés :
Les sept
cités saintes - sapta poura. Les sept îles saintes -
sapta danipa. Les sept mers - sapta samoudra. Les sept
fleuves sacrés - sapta nady. Les sept montagnes saintes
- sapta parvatta. Les sept déserts sacrés - sapta
arania. Les sept arbres sacrés - sapta vrukcha. Les
sept castes - sapta caula. Les sept mondes - sapta loca.
Les
vanaprasthas ou anachorètes portaient le bâton
à sept noeuds. Ce bâton à sept noeuds a
fait son chemin ; de l'Inde, où il était l'emblème
des saints et des prophètes, il passa en Égypte,
où on le retrouve entre les mains des magiciens
de Pharaon, de Moïse, d'Aaron, d'Élisée ; toutes
les enchanteresses de l'Antiquité, Médée, Circé,
etc... l'on porté ; il fut dans la Rome ancienne le bâton
augural des prêtres, il est dans la Rome moderne
le bâton pastoral des évêques.
On sait
que le nombre sept est également fatidique dans les
religions juive et catholique. Dieu s'est reposé le
septième jour de la création. Les terres doivent
se reposer tous les sept ans. Les murailles de Jéricho
s'écroulent au bruit de sept trompettes, sonnées par
sept prêtres, pendant sept jours. Les Israélites
entrent dans cette ville après en avoir fait sept
fois le tour. Le grand chandelier d'or a sept branches,
dont sept lumières représentent les sept planètes.
Jean, dans
l'Apocalypse, ramène tout également au nombre
sept. Il parle de sept églises, sept chandeliers, sept
étoiles, sept lampes, sept sceaux, sept anges, sept
fioles, sept plaies, etc... Il a même eu la prétention
d'avoir été ravi jusqu'au septième ciel.
La Grèce,
colonie de l'Inde, comme la mère-patrie eut ses
sept Sages : Thalès, Solon Bias, Chilon, Cléobule,
Pittacus et Périandre. Et elle poussa l'esprit
d'imitation jusqu'à leur attribuer à
chacun des maximes identiques à celles que nous
avons données plus haut.
Louis
JACOLLIOT
« La Mythologie de Manou »
Lacroix
et Cie, Éditeurs - 1881
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