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Dans l'Antiquité, Apollonius de Tyane a rencontré de
bien mystérieux Sages, lors de son voyage en Inde.
Ils vivaient sur une colline entourée d'un épais
brouillard. Elle était fortifiée naturellement par un
rocher où l'on voyait des traces de pieds fourchus, des
empreintes de visages, de barbes, de dos d'hommes
paraissant être tombés à la renverse. Philostrate, son
biographe, indique à ce propos que lorsque Bacchus, de
concert avec Hercule, voulut s'emparer de cette colline
avec l'aide des Pans, ces derniers furent foudroyés par
les Sages. Ils tombèrent en désordre et laissèrent sur
les rochers la marque de leur chute.
Amené sur la colline par un messager portant une
ancre d'or, Apollonius vit d'abord un puits. Une vapeur
azurée montait jusqu'à l'embouchure de ce puits, et
quand le soleil, à son midi, donnait sur lui, ses rayons
attiraient cette vapeur qui s'élevait en offrant aux
regards les couleurs de l'arc-en-ciel. Apollonius apprit
plus tard que le fond du puits était d'arsenic rouge et
que son eau était regardée comme sacrée. Près de là, il
y avait un bassin plein de feu, d'où sortait une flamme
plombée sans fumée ni odeur, et où les Indiens se
purifiaient. Les Sages appelaient ce puits le « Puits de
la Révélation », et le feu, le « Feu du Pardon ».
Apollonius y avait aussi vu deux tonneaux de pierre
noire : l'un de la pluie, l'autre des vents. S'il
arrivait que l'Inde soit affligée de quelque sécheresse,
on ouvrirait le tonneau de la pluie et aussitôt il en
sortirait des nuées qui humecteraient tout le pays ; si
les pluies devenaient excessives, on le fermerait et
elles s'arrêteraient. Le tonneau des vents a la même
propriété que l'outre d'Eole : on l'ouvre, on en laisse
sortir un vent, selon l'occasion. Apollonius y vit aussi
des statues de dieux, non pas de dieux indiens ou
égyptiens, mais des plus anciennes divinités de la
Grèce, comme Minerve Poliade, Apollon Délien, Bacchus
Limnéen, Apollon Amycléen.
Ces Sages adoraient le feu, qu'ils tiraient du
soleil. Ce feu, tout matériel qu'il était, ne brûlait
pas sur l'autel et n'était pas conservé dans des
fourneaux : on le voyait flotter en l'air comme un
rayon de soleil répercuté par l'eau.
Apollonius et les Sages arrivèrent à une fontaine
ressemblant à celle de Dircé, en Béotie. Ils se
déshabillèrent, se frottèrent la tête avec du parfum
semblable à de l'ambre. Après les ablutions rituelles,
ils chantèrent des hymnes, se mirent en cercle,
formèrent un choeur et frappèrent la terre du bout de
leurs baguettes. La terre, se gonflant comme les flots
de la mer, les enleva en l'air à la hauteur de deux
coudées.
* * *
Selon certaines Traditions, le veau d'or des Juifs
était vivant et animé. Le Coran dit qu'il mugissait. Des
Rabbins pensent qu'il fut fabriqué par des magiciens qui
s'étaient mêlés aux Hébreux à la sortie d'Egypte.
a/s...
Fabrice KIRCHER & Dominique BECKER
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