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Le Dieu Dionysos Naviguant au Grand-Large »
Coupe
d'Exekias, Antikensammlung
Le
symbolisme liquidien est multiple et complexe. Les eaux
représentent l'infinité des possibles ; elles
contiennent le germe des germes, toutes les promesses de
développement, mais également toutes les menaces de résorption.
C'est
un symbole attaché aux dieux et aux bornes de notre
monde. Orphée ne chantait-il pas :
«
Océan, le père incorruptible et éternel, le générateur
des dieux immortels et des hommes mortels, lui qui
entoure de ses flots le cercle limite de la terre.
»
Dans
la Genèse, le Souffle, l'Esprit de Dieu, plane également
à la surface des eaux.
Mais
pour les hommes, l'eau est synonyme de régénérations,
tant physique que psychique. Lourdes en est un exemple.
Marie Lebranchu, tuberculeuse au stade terminal, ne
pesant plus que 30 kg, prit un bain dans l'une des
piscines de Lourdes, en août 1892. Soutenue par
deux brancardiers, elle entra dans une eau qui
atteignait à peine 10°. Immergée, la malade fut
secouée d'un spasme qui tordit son corps décharné
puis, à l'étonnement de tous, repoussa les deux
infirmiers, se redressa seule, marcha et sortit de l'eau
en entonnant à pleine voix l'Ave Maria, à
la stupéfaction générale de l'assistance ! Un peu plus
tard, le médecin du Bureau des Constatations ne pourra
que prendre acte de sa guérison.
Pour
le Rig Veda aussi, l'eau est un facteur de régénérescence
:
«
Vous, les Eaux qui réconfortez, apportez-nous la force,
la
grandeur, la joie, la vision ! »
Elle
est véhicule de toute vie : la sève est eau et,
dans certaines allégories tantriques, l'eau figure le
prâna, le Souffle Vital.
Mais
l'eau peut également prendre une connotation négative
: elle peut ravager et engloutir, punissant l'humanité
dégénérée, comme ce déluge mortifère que la
Genèse biblique, les mythes mésopotamiens et les
légendes du Nouveau-Monde nous ont rendu familier.
En
avons-nous bien retenu les leçons ?
Fabrice
KIRCHER
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